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01 Lay It Down
02 Just For Me
03 You'Ve Got The Love I Need
04 No One Like You
05 What More Do You Want From Me
06 Take Your Time
07 Too Much
08 Stay With Me (By The Sea)
09 All I Need
10 I'M Wild About You
11 Standing In The Rain
Date :
mai 2008
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Le bal peut reprendre. La sérénade aussi. Al Green, l'une des dernières légendes vivantes de la soul fait son grand retour. L'album s'intitule Lay it Down et sonne déjà comme une renaissance d'un genre musical devenu quasi-anorexique. Questlove, producteur prodige de la mouvance hip-hop/soul a donné le ton aux accords de cette nouvelle galette. Un magicien au service d’un roi.On l'annonçait depuis plus de deux ans : une collaboration entre le grand Al Green et le génial Questlove (The Roots) ne pouvait laisser présager que du très bon. Un nouvel opus d'Al Green représente de toute façon un évènement musical majeur. Mais c'est sans doute grâce à cette association que le pionnier peut sereinement envisager un come back à la mesure de sa stature.
Lay it Down est un retour aux sources. Des compositions sobres, une soul music sans additifs ni édulcorants. Juste une voix tendre et suave distillée avec force et retenue sur chacune des mélodies suintantes, des mélopées chevaleresques et funky. Bref, du Al Green pur jus, reconnaissable entre mille grâce à son timbre infalsifiable. Une jam session -à l'ancienne- revigorante à laquelle se sont associé trois des voix les plus sophistiquées du Rythmes & blues moderne : soit Anthony Hamilton, John Legend et Corinne Bailey Rae. Chacun apportant sa touche d'élégance. Qui mieux que ces trois artistes pouvaient oser pénétrer le sacro-saint répertoire du maître ? Anthony Hamilton, que l'on retrouve sur les titres Lay it Down et You Got the love I need, n'a pas eu besoin de forcer son talent. John Legend s'est quant à lui laissé bercer par la basse d'Adam Blackstone (Jill Scott, DJ Jazzy Jeff) pour s'offrir corps et âme à son mentor. Le morceau le plus exquis reste néanmoins le duo avec Corinne Bailey Rae Take your time, où cette dernière s'abandonne au plaisir de la collision vocale. Une voix féminine dans la lignée de Candi Staton ou de Gwen McCrae. Ce qui n'est pas peu dire. Al Green prouve qu'il sait reconnaître le talent de la nouvelle vague. Mais rien ni personne n'aurait pu l'empêcher d'éprouver seul son potentiel de séduction, toujours aussi présent, même à 62 ans. Le titre All I Need en est sans doute le plus bel exemple.
Résultat de ce master class: un album lumineux et inspiré. Une envolée musicale sans doute facilitée notamment par la présence des guitares des fameux Dap-King Horns de Brooklyn (Sharon Jones, Amy Winehouse). Prenez le temps d'ouvrir ce disque, coffre au trésor empli de l’Amour et des avatars gospédélics qui parlent à toute la communauté noire. Et au monde entier.
Par Augustin Legrand
Publiée le vendredi 30 mai 2008

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