Fiche artiste de Calvin Richardson
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01 Intro
02 Sexy Love
03 Holla At You
04 Fire In The Attic
05 Please You Baby
06 She's Hurtin'
07 Nobody Loves You
08 Give It To Me
09 Don't Go
10 Sang No More
11 Make Friends With Love
12 Daddy To My Kids
13 When Love Comes
Date :
mai 2008
Label : Shanachie / Nu Mo Records
« Jamais deux sans trois », dit une célèbre expression française. Celle-ci, toutefois, ne semble pas vraiment s’appliquer au monde du R&B. Ces dernières années, l’épreuve du 3ème album, s’est, en effet, fréquemment avérée être celle de la désillusion pour de nombreux artistes qui avaient placé la barre très haute avec leurs deux premiers opus… et il est légitime d’inclure Calvin Richardson dans cette catégorie, étant donné la grande qualité de Country Boy et 2:35 PM. Les plus ou moins récents exemples de Eric Benét (Hurricane) ou dernièrement Jill Scott (The Real Thing) sont autant de preuves cinglantes de cette « malédiction du 3ème album ». Alors, Calvin subit-t-il le même sort que ses collègues ?
Autant le dire tout de suite, oui, cet album étant très loin du niveau de ses prédécesseurs. Ce qui n’empêche pas le chanteur de développer une certaine forme d’ego trip si l’on en juge l’intro, où il n’hésite pas à s’autoproclamer Prince de la Soul, ainsi que les notes du livret, où il va même jusqu’à affirmer qu’il est l’incarnation même de la Soul (« I Am Soul Music »)… Difficile de ne pas le penser atteint du syndrome Terence Trent D’Arby. Mais pour autant, il est plus raisonnable de penser que la cause de cette déception est davantage liée au changement de label. Calvin est désormais signé en indé chez Shanachie, une maison plutôt orientée jazz, très respectable au demeurant. Cependant, si ce When Love Comes sera peut-être considéré par certains comme l’album le plus personnel de l’artiste du fait de son côté autoproduit (ou co-produit), petit budget, sans aucun featuring ni sample, il faut bien l’admettre : l'absence de songwriters comme Raphael Saadiq, The Underdogs, Mike City etc. (pour citer certains avec qui il a collaboré par le passé) se fait cruellement ressentir.
Quoiqu’on en dise, si on a beau reprocher (à juste titre) au R&B d’être trop souvent l’affaire d’une élite dominante de producteurs, il faut bien reconnaître que ça paye toujours d’être bien entouré. Du coup, l’écriture est ici un peu trop lourde et n’évite pas les redondances, et ce malgré le talent évident de C.Rich aux manettes (son nouveau surnom si l’on se fie au livret, encore une fois). Aucun titre ne sort vraiment du lot hormis "Sexy Love", le seul uptempo de l’album, un numéro funky cuivré plutôt convaincant mais pas non plus fracassant. Côté ballades, "Please You Baby", "Fire In The Attic", 'Daddy To My Kids", l’acoustique "Don’t Go" ou encore "Sang No More" (le plus proche du style de 2:35 PM) séduisent sans mal, mais pas de slow jam qui tue pour autant.
Cet album, comme son titre l’indique, est nettement plus dans le style "lover" de Country Boy que dans les tons néo-soul de 2:35 PM. Pour sa défense, Calvin Richardson fait du Calvin Richardson, hermétique à toute mode, et a le bon goût de ne pas se reconvertir dans la Musiq pour les Radios (si vous voyez de qui je parle…). Mais hélas, si l’ensemble est globalement agréable, il n’atteint jamais des sommets, le genre d’album qu’il est facile d’apprécier pendant l’écoute mais plus difficile de se passer en boucle... comme le dernier Jill Scott. Les inconditionnels du monsieur y trouveront sûrement leur compte mais pour les autres, c’est juste un album parmi tant d'autres, correct mais pas mémorable, avec une poignée de réussites mais peu varié, mal dosé, inégal et très classique. Du Calvin Richardson, oui, mais pas du meilleur cru.
Par Mathieu Presseq
Publiée le jeudi 11 septembre 2008
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