Fiche artiste de Nick Colionne
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01 No Limits
02 Steppin' Back
03 The Big Windy Cat
04 Melting into You
05 Until Midnight
06 Hard Line
07 Ports of Call
08 On the Edge
09 Headin' Wes Before Dawn
10 Take a Walk with Me
11 Godfather J
12 Anyway [Vocal Version]
13 Anyway [Instrumental]
Date :
juillet 2008
Label : Koch
Que se passe-t-il d’intéressant en ce moment sur la planète smooth jazz ? Bien que très incomplet, la dernière sortie du guitariste Nick Colionne serait déjà certainement un début de réponse à cette question. A l’heure où smooth jazz rime avec une production synthétique indigeste, des mélodies s’éloignant des racines jazz et R&B du style d’origine pour flirter de plus en plus avec une variété insipide, et des reprises mi-instrumentales, mi-vocales, de tubes du moment ou de classiques, totalement dépourvues d’originalité voire dignes de sonneries de portables, Nick Colionne réussit à éviter avec habilité tous les lourds écueils habituels du genre.
Cette sixième livraison ne comporte que des compositions originales de qualité et l’abondance de véritables instruments tels que saxo, trompette, trombone, basse, percus ou orgue Hammond, donne un côté live qui fait trop souvent défaut à ses collègues, adeptes de l’accompagnement « tous synthés dehors ». Sa façon de jouer, avec notamment ces accords doublés à l’octave supérieur, directement hérités de légendes de la guitare jazz comme Wes Montgomery, George Benson ou Grant Green, et son crooning soulful sur certains titres, en font le concurrent direct de son homologue Norman Brown.
Fidèle à son habitude, Nick alterne les numéros de pur smooth jazz sans édulcorant, où le mot jazz a encore toute sa signification, comme Until Tonight ou Ports of Call, et les jams funky, à l’image de Steppin’ Back, qui se veut dans le style de la célèbre danse de Chicago remise au goût du jour il y a quelques années par R. Kelly, le stepping, ou de Godfather J, un splendide et vibrant hommage à James Brown. L’un des meilleurs moments du disque est sans doute le groove très laidback de The Big Windy Cat, dans une veine très cocktail jazz/easy-listening, qui rappelle le Wes Montgomery crossover des années A&M. Le guitariste va même jusqu’à dédier directement la somptueuse et onirique ballade Headin’ Wes Before Dawn à son idole et mentor.
Mais Nick séduit aussi grâce à ses morceaux chantés. Ses vocalises de baryton font mouche sur des slow jams comme le délicieux et sexy Melting Into You ou encore Anyway (aussi repris en version semi-instrumentale), deux perles de sensualité réminiscentes du style Quiet Storm des 80’s, à la Luther Vandross ou Will Downing. Il entonne aussi un blues du meilleur effet sur Hard Line.
Nick Colionne n’apporte rien de vraiment neuf au genre, en signant un nouvel album aussi intemporel et peu enclin aux effets de mode que les précédents. Il perpétue ainsi avec brio la tradition de ces artistes à la fois instrumentistes et vocalistes, pour qui jazz et groove forment une alchimie parfaite aux frontières indéfinissables, et dont le père spirituel n’est autre qu’un certain George Benson. Un excellent disque à savourer comme il se doit, sans limites.
Par Mathieu
Publiée le dimanche 28 septembre 2008
Moyenne des membres (1) : 8
