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01 Universal Mind Control (Umc)
02 Punch Drunk Love
03 Make My Day
04 Sex 4 Suga
05 Announcement
06 Gladiator
07 Changes
08 Inhale
09 What A World
10 Everywhere
Date :
décembre 2008
Label : Geffen distribution
Initialement prévu pour la saison estivale sous le titre Invincible Summer, ce cru 2008 de Common a finalement vu le jour en fin d’année et se nomme Universal Mind Control. Common revendique sa liberté artistique et avait donc fait part de sa volonté de changer d’orientation musicale. Universal Mind Control a été conçu pour « faire bouger les gens », explique le principal intéressé. Chose surprenante pour un artiste réputé cérébral et conscient, ne s’étant au cours de sa carrière jamais tourné vers les clubs. C’est donc avec curiosité et non sans une certaine appréhension que l’on s’attaque à ce UMC. A noter que la production est partagée entre les Neptunes et Mr.DJ.
L’album compte 10 titres. C’est peu d’autant plus que deux extraits ont d’ores et déjà été présentés au public et clipés. L’éponyme UMC ouvre le bal. Dès les premières notes, on sent que ce Common sera différent des autres. Le son est futuriste et plutôt bon dans son registre électro-hip hop. Les percus africaines font leur effets et le MC de Chicago martèle magnifiquement ce beat sur-vitaminé. Comme promis, on ressent cette irrépressible envie de danser, ou ne serait-ce que de bouger la nuque. On se serait toutefois volontiers passé des séries d’onomatopées scandées par Pharrell pendant le refrain. L’autre single, Announcement, beaucoup plus posé, n’est pas mal non plus. L’instru, quoique basique, rentre dans le crâne. Pharrell est là encore présent et nous livre un couplet sexuellement cru très réussi.
Punch drunk love, Sex 4 Sugar... On ne se serait pas attendu à trouver ce genre d’intitulés dans la tracklist d’un album de Rashid Lynn. Les thèmes sont donc ici plus légers. Si l’amour (au sens large) est central dans sa discographie (The Light, Love Is…), Common s’attarde ici particulièrement sur l’aspect charnel de la chose, quitte à paraître redondant. On passera donc rapidement sur le précité Punch drunk love. La magie n’est pas au rendez-vous et la présence d’un Kanye non-vocoderisé n’y changera rien. Make my day est sympathique. Le refrain entonné par Cee-Lo met de bonne humeur à défaut d’être vraiment planant. Arrive Sex 4 Sugar et son beat typiquement neptunien qui peut selon les avis s’avérer froid et lassant ou bien hypnotique. Si la boucle utilisée n’est pas d’une richesse folle, elle peut après quelques écoutes faire des ravages et est parfaitement mise en valeur par un Common percutant.
Si la première écoute peut être particulièrement déconcertante pour les amateurs du Common plus traditionnel, il faut tout de même faire un effort d’objectivité et on constate que UMC est dans l’ensemble cohérent. Les productions, souvent très rythmées, ne dégagent pas cette chaleur soul que l’on a pu trouver dans ses précédents albums. Ici, les kits de batterie sonnent clairement mainstream et il est clair que, sans pour autant tomber dans la facilité, Common souhaite toucher un public plus vaste avec UMC.
Instrumentalement, la principale réussite est le funky What a World. Une ligne de basse bien grasse, quelques riffs de guitare et le terrible refrain des Chester French suffisent à nous faire décoller. Malheureusement, c’est peut-être le titre sur lequel Common fait le moins d’effort au micro. Vous ne connaissez pas Chester French ? Ces deux nerds d’Harvard au look aussi imparable que leur groove sont signés sur Star Trak (label de Pharrell). Il y a de fortes chances que l’on en reparle dans un avenir plus ou moins proche.
Universal Mind Control n’est donc pas mauvais et comporte quelques bons moments. On se serait par contre passé de certaines petites sucreries inoffensives et trop convenues. Common veut être plus léger mais son étiquette consciente lui colle à la peau. L’album a connu un accueil mitigé. En réponse, Common a rappelé qu’il en avait été de même pour Electric Circus, aujourd’hui régulièrement cité parmi ses meilleures œuvres. Toutefois, on pourrait lui opposer que cet Electric Cricus était réellement novateur et en rupture avec ce que l’on pouvait entendre à l’époque, ici il suit davantage la tendance.
Par Baptiste
Publiée le lundi 12 janvier 2009
Ecouter des extraits de l'album Universal Mind Control
Moyenne des membres (5) : 6
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