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01 Victory
02 Mighty Is Your Name
03 He Can
04 Turn It Around
05 I Surrender
06 No One But Jesus
07 Free
08 Grateful
09 I Belong To You (Yours)
10 Don't Let Go
11 Destiny (feat. Coko from SWV)
12 Here With Me
Date :
avril 2009
Label : E1 Entertainment/Koch Records
Sans faire de miracles
Ce natif de Louisiane est issu de la saison 3 de American Idol (2004), bon cru qui a révélé au plus grand nombre son lot de talents Soul à l’instar de Fantasia Barrino (la gagnante), Jennifer Hudson ou la désormais plus effacée LaToya London (ahhh… la célébrité éphémère façon AI !). Avec son premier album Miracles, paru en 2005, George Huff avait choisi de surprendre son public en se spécialisant dans le gospel, une voie qu’il poursuit ici sur ce sophomore éponyme.
A l’écoute de cet album, on capte aisément l’engouement que le monsieur a pu susciter lors de son passage à l’émission, à défaut d’en être sorti l’heureux vainqueur : George Huff possède cette chaude voix de baryton qui rappelle par instants l’éminemment regretté Luther Vandross. De plus, dans la grande tradition gospel, il dirige sa chorale d’une main de maître.
Ca démarre fort avec l’infectieux tandem Victory/Mighty Is Your Name, deux morceaux animés par la flamme gospel, qui nous plongent dans cette ambiance si typique des messes de Harlem. Voilà du gospel dans sa facette la plus vibrante, plein d’entrain, de communion et de passion. Puis un peu plus loin, le chanteur se frotte à la mouvance rétro-soul avec l’excellent Turn Around, non sans rappeler Otis Redding ou Sam Cooke. La chaleur que dégagent son orgue, ses claviers vintage et ses cuivres contraste avec l’orientation générale un peu trop synthétique de l’ensemble de l’album en termes de production.
C’est le cas de Free, qui ne se démarque pas vraiment des prods FM actuelles, si ce n’est par l’addition d’une guitare rock. Ce genre de R’n’B brut et rentre-dedans, très tendance, n’est vraiment pas le registre qui lui sied le mieux. Pour rester dans le R’n’B uptempo, on préfère très nettement Destiny, où il est rejoint par Coko des feu SWV, elle aussi reconvertie dans la musique sacrée : leurs voix concordent parfaitement sur ce morceau bouillonnant à la fièvre funky.
Si les morceaux rythmés s’avèrent globalement plutôt séduisants, on ne peut malheureusement pas en dire autant des ballades, assez passe-partout et convenues, à l’image de He Can, Grateful ou Don’t Let Go. Il faut bien avouer que certains morceaux sonnent vraiment bateau comme I Belong To You (Yours), où il se fait le pendant chrétien d’un Bobby Valentino. On retient toutefois une incursion dans le reggae, pas vraiment aventureuse mais plutôt convaincante sur Here With Me. Bien sûr, le titre ressemble moins à du reggae roots qu’à ces anthémiques ballades pop-reggae qui ont rencontré un certain succès ces dernières années (citons Alicia Keys ou Jason Mraz).
Dans l’ensemble, on a là un album plutôt au-dessus du lot, connaissant la médiocrité à laquelle nous a habitué ce genre, le hautement rébarbatif et insipide Audience of One de Heather Headley en étant un récent témoignage. Cependant, compte tenu de la très bonne ouverture de l’album et d’une pochette qui nous promettait des claquements de doigts tout du long, George Huff est bien plus décevant et quelconque qu’il pouvait le laisser croire à première vue.
Tantôt véritable prêche gospel, tantôt simple décalcomanie religieuse d’un R&B adulte dépourvu d’originalité, cet album éponyme semble chercher son public. Si on dit que la foi rassemble, il n’est pas sûr que cela suffise pour faire de lui plus qu’un simple talentueux ex-participant d’un télé-crochet qui tente tant bien que mal de se frayer une place dans le monde impitoyable de l’industrie musicale, où on les sait si chères. De là à ce que ses prières soient exaucées...
Par Mathieu Presseq
Publiée le mercredi 15 avril 2009
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