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01 Bad Habits (uncut)
02 Cold
03 Pretty Wings (uncut)
04 Help Somebody
05 Stop The World
06 Love You
07 Fistful Of Tears
08 Playing Possum
09 Phoenix Rise
Date :
juillet 2009
Label : Columbia
L’été sera Soul ! Après huit ans d’absence, le très sensuel Maxwell est de retour avec le premier volet de sa trilogie d’albums intitulée Black Summer’s Night. L’enjeu est de taille pour le chanteur qui réapparaît dans un paysage musical complètement différent de celui qu’il a laissé en 2001 après la sortie du très réussi Now. Entre temps, un RnB acidulé et autotuné est venu évincer le courant nu-soul que Maxwell, à l’instar de ses confrères D’Angelo et Erykah Badu, avait propulsé sur le devant de la scène, jusque dans les charts.
La pression est d’autant plus grande que l’album Black était initialement prévu pour 2007, sa sortie ayant été repoussée à plusieurs reprises malgré l’engouement que le titre Pretty Wings avait suscité auprès du public. Ce premier extrait annonçait la couleur : un son langoureux dans la lignée du "funky smooth r’n’b" dans lequel Maxwell a toujours excellé, et qui a élevé le chanteur de Brooklyn au rang de véritable sex-symbol. Si Pretty Wings, qui aborde le thème de la rupture amoureuse, n’est pas très surprenant de la part de l’éternel romantique Maxwell, il prouve bien que les années passées n’ont pas eu raison de son talent. Ce premier single slow jam très touchant est un avant-goût exquis d’un opus riche, malgré un nombre de chansons très réduit.
Huit longues années d’attente, pour seulement neuf titres ?! On pourrait craindre de rester sur notre faim. Il suffit pourtant de se laisser aller au fil des vibes aériennes de Bad Habits pour succomber au charme d’un album court, certes, mais d’une densité exceptionnelle. Ce premier titre mid tempo, à l’image du reste de l’album, nous plonge dès les premières notes dans l’univers enivrant de Maxwell dont la musicalité est empreinte d’une étonnante diversité. Le chanteur joue avec les nuances et montre qu’il n’a rien perdu de son groove passionné. Bad Habits, qui commence en douceur, nous entraîne finalement vers une soul des plus rythmées, et ouvre le bal avec succès.
Le travail au niveau instrumental est un plaisir pour les oreilles, on y retrouve l’influence jazz des musiciens du groupe Sade, notamment dans la présence récurrente des cuivres. Portée par des arrangements de qualité, la voix de Maxwell n’en demeure pas moins la perle de cet album, le chanteur étant aussi bien à l’aise dans les aigus que dans les graves, il parvient à faire passer l’émotion de ses textes très personnels grâce à une tessiture parfaitement maîtrisée.
Comme son nom l’indique, Black avait été annoncé comme l’album sombre de la trilogie Black Summer’s Night. C’est pourtant dans une atmosphère lumineuse, presque solaire que Maxwell nous invite à redécouvrir sa musique qui a incontestablement mûri avec le temps. L’artiste semble habité d’une énergie nouvelle et les beats plus soutenus des titres Cold, et du sublime Help Somebody, lui vont à merveille, dévoilant un Maxwell adulte que l’on croyait plus timide.
L’album reste tout de même fidèle à la personnalité secrète et au style "Lovers Only" de l’artiste : un véritable temple dédié aux ballades soul, le thème dominant n’étant autre que l’amour. Dans ce registre, le très intimiste Playing Possum est particulièrement réussi. Accompagné d’une guitare sèche, le chanteur prie sa bien-aimée de sortir de son silence, une interprétation à fleur de peau, troublante. Love You est peut-être un des morceaux les plus aboutis, on y découvre un Maxwell à la voix éraillée, presque écorchée vive dans les dernières secondes, et qui s’accorde parfaitement avec le sentiment d’urgence qui émane de la chanson.
L’album s’achève sur le son instrumental futuriste Phoenix Rise. Si l’on regrette la voix de Maxwell sur ce dernier track, la métaphore du phœnix qui renaît de ses cendres est tout à fait appropriée. Cette outro de qualité vient en effet clore le premier volet d’un retour plus que réussi, tout en laissant entendre que Black n’est pas une fin en soi. On attend donc avec impatience la suite de cette trilogie…
Avec ce nouvel opus, Maxwell nous offre donc une musique en perpétuel renouvellement tout en préservant une connexion incroyable avec la soul traditionnelle qui commençait vraiment à nous manquer. L’artiste rend ainsi toutes ses lettres de noblesse à la nu-soul, qui n’a jamais aussi bien porté son nom…
Par Liv
Publiée le vendredi 10 juillet 2009
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