Fiche artiste de Mary J. Blige
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Only the Brave Block Party 2 feat Common le 4 juin 2010
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Live Report
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Live à la Maroquinerie
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Live at Prospect Park
01 Tonight
02 The One (featuring Drake)
03 Said and Done
04 Good Love (featuring T.I.)
05 I Feel Good
06 I Am
07 Each Tear
08 I Love U (Yes I Du)
09 We Got Hood Love (featuring Trey Songz)
10 Kitchen
11 In the Morning
12 I Can See In Color (from the motion picture Precious)
Date :
décembre 2009
Label : Matriarch / Geffen
Deux ans après Growing Pains, Mary J. Blige revient avec un 9ème album initialement nommé Stronger mais finalement rebaptisé Stronger With Each Tear, en raison du remplacement de la chanson Stronger (qui figure sur la BO du documentaire More Than A Game de LeBron James) par le morceau Each Tear. Comme Mary est la seule et unique reine du Hip-Hop/Soul, tout le gotha des producteurs du moment se tient comme toujours au garde-à-vous pour servir les ordres de son altesse comme il se doit. Parmi ceux-ci, on retrouve des habitués des charts tels que Ne-Yo, Ryan Leslie, le tandem Tricky Stewart/The-Dream, Polow Da Don, les suédois de Stargate, Bryan-Michael Cox, Rodney Jerkins, Akon et même Raphael Saadiq.
Malgré tous ces producteurs différents, l’album se veut très fluide et les pistes se suivent le plus naturellement possible, comme dans une compilation, étant donné que les morceaux sont enchaînés. Cette absence de temps mort donne à l’album un côté setlist de DJ, ce qui ne fait que renforcer son potentiel addictif.
Stronger With Each Tear démarre avec Tonight, un uptempo signé Akon… Même si à mes yeux, Akon incarne à lui seul tout ce qui va mal dans le monde du R&B contemporain, je dois admettre qu’à ma grande surprise, cette prod Konvict Muzik est loin d’être mauvaise. J’aurais par contre beaucoup plus de réserves quant au single archi-commercial The One, à la boucle de synthé ultra-répétitive aussi agaçante que ses paroles résolument égocentriques, produit par un Rodney « Darkchild » Jerkins visiblement usé. A l’instar de Timbaland, ce dernier a vraiment tout perdu de son savoir-faire originel (rappelez-vous le dernier Brandy…). La présence de l’insupportable star autotunée du moment, Drake, n’arrange rien à ce morceau bourrin pour lequel l’efficacité est une fin en soi et qui, au final, sonne aussi creux qu’une coquille vide.
Les beats claquants de Ryan Leslie, eux, font mouche sur le très catchy Said And Done. Ne-Yo, quant à lui, lui offre deux très bons « feel-good tracks » comme lui seul en a le secret et sur lesquels il fait également les chœurs : Good Love, avec le rappeur T.I., dans la pure lignée de Just Fine (sur son album précédent Growing Pains) ainsi que le bien nommé I Feel Good.
En revanche, pas de quoi s’extasier sur les morceaux qui constituent le milieu de l’album, banals et au goût de réchauffé, qu’il s’agisse du single très "so-so" (comme disent les ricains) I Am, du hachuré I Love U (Yes I Du) ou d’un Each Tear qui condense à lui seul tous les lieux communs de la pop urbaine FM de ces dernières années, de No One d’Alicia Keys à Love In This Club d’Usher en passant (sans doute involontairement) par le récent Beautiful Night de Beverley Knight.
Il faut attendre le duo We Got Hood Love, avec un Trey Songz au falsetto plein de lyrisme, pour que l’album reprenne son rythme de croisière avec une très belle succession de morceaux. Kitchen est une excellente production The-Dream/Tricky Stewart en mode Motown revival… mais bien sûr une Motown filtrée à travers le prisme des productions électroniques de « Mr Shawty Hey Hey » dont on reconnaît la touche entre mille. De plus, les paroles du morceau, où Mary J. campe une femme jalouse très possessive, ont cette pointe d’humour appréciable qui fait défaut à un R&B que l’on sait d’habitude très bateau sur le plan lyrical. Bref, une réussite à tous les niveaux.
Puis vient la ballade In The Morning, de la Soul majuscule où la voix de Mary est servie par un écrin majestueux fait de cuivres, piano, cordes et chœurs féminins… Le genre de morceau qui lui va comme un gant. Mais Mary nous a réservé le meilleur pour la fin et c’est sans surprise à Raphael Saadiq que nous devons ce véritable cadeau qu’est I Can See In Color.
Quatre ans après avoir apporté sa brillante pierre à l’édifice sur The Breakthrough, avec deux morceaux mémorables, Saadiq laisse parler la facette la plus bluesy de son talent sur cette magnifique torch song qui redonne à la voix de Blige tout son souffle émotionnel. Loin des surproductions qu’elle a l’habitude de chanter, cette ballade épurée et rustique est l’occasion pour Mary de nous rappeler qu’elle est tout simplement l’une des plus grandes chanteuses soul de notre époque. Avouons-le, Mary J. ne nous avait pas bluffés de la sorte depuis bien longtemps. On retrouve dans son interprétation ces fêlures d’écorchée vive qui ont fait les grandes heures de la chanteuse, une chanteuse entière qui chante à cœur ouvert sans feindre la moindre émotion, presque les larmes aux yeux. Que dire d’autre, c’est vibrant, c’est poignant, c’est… beau, une superbe leçon de Soul.
Si on met de côté ce final grandiose, Stronger With Each Tear ne fait pas partie des meilleurs albums de Blige. Cependant, si ce n’est pas du grand Mary J., c’est néanmoins du bon Mary J. La chanteuse n’a pas à avoir honte de cet album solide et cohérent, où elle arrive à rester fidèle à son style en dépit d’un défilé impressionnant de hitmakers. Malgré quelques titres dispensables, ceux qui aiment la Mary J. Blige décomplexée et BET-friendly, post-No More Drama, dont The Breakthrough de 2005 reste peut-être encore l’illustration la plus convaincante et réussie, devraient apprécier ce nouvel album à sa juste valeur. Pendant ce temps, les autres continueront à rêver d’un album produit entièrement par Raphael Saadiq… On a bien le droit de rêver, non ?
Par Mathieu Presseq
Publiée le samedi 9 janvier 2010
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