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01 L'Envie Et Le Dédain
02 Le Bal Des Boulets
03 36'70''
04 Maudit Blues
05 Les Temps Egarés
06 Le Premier Clair De L'Aube
07 1770
08 Doux Mojo
09 Ad Libitum
10 Petite Chanson
11 Serendipity 44
12 Bye-Bye
Date :
février 2010
Label : Jive
T’étais où Tété ? C’est la question qui nous effleure l’esprit après les 4 années d’absence qui ont suivi son fantasque Sacre des Lemmings et autres contes de la lisière de 2006. Eh bien, Tété s’est rendu aux quatre coins du monde, où il a pris son temps pour écrire et composer ce nouvel album intitulé Le Premier Clair de l’Aube au gré de ses tournées, quelque part entre Paris, La Nouvelle Orléans, Montréal, Hiroshima, Londres, Bruxelles ou encore Nouméa. L’enregistrement, quant à lui, s’est fait à Portland, dans l’Oregon, en compagnie du grand producteur pop-rock Steve Berlin.
De ce périple au pays de l’Oncle Sam, il a su extirper un certain parfum authentique d’Americana, planant tout au long de ce disque qui fleure bon les juke-joints, les routes arides du Mojave et le lac du Mississipi. Bref, une sorte de panorama complet de l’Amérique rurale et ancestrale, quelque chose de foncièrement « roots ». Si Tété, c’est toujours ce même mélange, assez unique, de folk, blues, soul et chanson française, force est de reconnaître que l’artiste n’avait jamais été aussi bluesy que sur des morceaux comme Doux Mojo, le pastoral Bye-Bye ou Maudit Blues, où il déclare sa flamme à cette musique sans pompe ni emphase.
Le premier single joyeusement soulful, L’envie et le dédain, se veut irrésistible avec son petit air de Motown. Quand à la ballade folk toute en douceur qui donne son nom à l’album, elle nous confirme que sa réputation de Ben Harper frenchy, certes très réductrice mais aussi très flatteuse, n’a rien d’usurpée. Seul 1770 (prononcez « mille sept cent septante », à la belge) pourra en rebuter pas mal avec ses airs de vieille chanson française à la Alain Souchon, ce genre de morceau qui explique sans doute pourquoi on trouve généralement Tété au rayon « nouvelle scène française » des disquaires aux côtés des Bénabar et co.
De cet héritage de la chanson à textes, il sait faire bon usage, employant une langue belle, riche et imagée mais trop souvent sibylline, à tel point qu’il est très difficile de déchiffrer ses textes sans avoir besoin d’un décodeur. Mais les ritournelles solaires sans faute de Tété, toutes plus addictives et enchanteresses les unes que les autres, finissent par nous avoir et on se surprend à fredonner leurs paroles avec entrain, même si on n’en saisit pas toujours le sens. Dans tous les cas, Tété nous fait toujours autant de bien et c’est largement suffisant.
Par Mathieu Presseq
Publiée le mardi 9 mars 2010
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