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01 20 Feet Tall
02 Window Seat
03 Agitation
04 Turn Me Away (Get MuNNY)
05 Gone Baby, Don't Be Long
06 Umm Hmm
07 Love
08 You Loving Me (Session)
09 Fall in Love (Your Funeral)
10 Incense
11 Out My Mind, Just in Time
12 Jump Up in the Air (Stay There) (feat. Lil Wayne & Bilal)
Date :
mars 2010
Label : Universal Motown
Erica Abi Wright est incontestablement l’une des figures les plus originale et respectée de la scène soul d’aujourd’hui. Chaque sortie d’album, chaque nouvelle tournée est un petit évènement. L’attente autour de ce New Amerykah Part 2 était donc grande d’autant plus que les deux volumes étaient à la base censés paraître en 2008. Mais Madame Badu aime se faire désirer. Le second volet de cette série, sous-titré Return of the Ankh est donc livré deux bonnes années plus tard. Premier constat, la liste des producteurs est sensiblement la même que pour le surprenant 4th World War. Karriem Riggins, James Poyser, Madlib, 9th Wonder ou encore Shafiq Husayn des Sa-Ra sont une fois encore de la partie et c’est de bon augure. L’artwork donne lui aussi bien envie de se plonger dans le monde étrange d’Erykah. Pas sûr par contre que l’on parvienne à en saisir toute les subtilités…
Tout commence avec un 20 Feet Tall trop mou pour véritablement nous faire rentrer du bon pied dans cet album. Window Seat lance par contre véritablement ce Return of the Ankh. Les disciples de la première heure du Baduizm trouverons vite leurs repères car on a ici droit à du Badu bien classique et donc forcément envoûtant. Petite anecdote, elle aurait enregistré le morceau dans sa propre douche (!) afin de sonner « comme dans un tunnel ». Pourquoi pas, l’artiste Erykah Badu a bien ses manies et ses petites folies. Les sonorités paraissent dans l’ensemble moins futuristes que dans ses deux précédents opus mais l’ambiance est tout autant planante. Avec sa présence et sa technique de chant si particulière, très nasale, Erykah Badu nous offre de très beaux instants d’évasion. Le tonique Gone Baby Don’t Be Long, la petite bombe Umm Hmm lâchée par Madlib ou encore le cynique Fall In Love (Your Funeral) qui recycle un vieux beat du Kanye West de la grande époque, sortent du lot. Notre hôtesse sait aussi s’effacer et jouer les second-rôles comme sur le spatial Incense bien mis en valeur par les cordes de la harpiste Kirsten Agnesta. Malgré quelques longueurs et répétitions (20 Feet Tall, Love), les 11 titres de Return of the Ankh s’enchaînent bien et se bonifient au fil des écoutes.
Difficile de parler de cet album sans évoquer son prédécesseur tant les deux semblent avoir été pensés ensemble sous ce thème « New Amerykah ». Chacun représente une facette de la personnalité d’Erykah Badu : 4th World War se situait dans la revendication sociale et politique avec un ton assez froid, Return of the Ankh marque un retour à l’émotion en se focalisant sur les sentiments amoureux. Entre joies et déceptions, elle évoque ses relations et décortique les comportements qu’entraîne la vie en couple. Toutefois, son côté rebelle n’est jamais bien loin comme le montre la vidéo de Window Seat qui a d’ailleurs pas mal fait jaser. Ce morceau dévoile une Erykah Badu en manque d’amour, marchant dans les rues de sa ville natale Dallas. Jusqu’ici tout va bien mais la chanteuse se dévêtit peu à peu et finit entièrement nue, allongée sur le bitume à l’endroit même de l’assassinat de JFK… Ne comptez pas sur moi pour décrypter le sens de cette vidéo mais si l’on en croit la principale intéressée, l’objectif caché était finalement de « combattre la pensée unique »… L’esprit puritain américain a en tout cas beaucoup apprécié.
La saga New Amerykah est finalement une jolie réussite. Bien que cette deuxième partie ne contienne sans doute pas de titre du calibre de Soldier, elle a une véritable identité et surtout cette constance qui faisait un peu défaut à son prédécesseur 4th World War. Return of the Ankh est plus conventionnel aussi bien musicalement que dans les textes et donc plus accessible, même s’il faut rappeler que pénétrer l’univers d’Erykah Badu n’est jamais sans conséquence… (Au fait, quelle est cette langue parlée à la fin du morceau Incense ?) Faîtes preuve d’imagination, laisser vous porter et New Amerykah Part 2 ne devrait pas poser de problèmes.
Par Baptiste
Publiée le dimanche 16 mai 2010
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