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Inès sera sur la scène du Canal Opus pour la prochaine édition des Soirées "I Need Soul", aux côtés de Philémon !
Un rendez-vous à ne pas manquer ...

I Need Soul
Mercredi 18 mai 2005
Canal Opus
167 quai de Valmy
75010 PARIS
Métro Jaures ou Louis Blanc
P.A.F : 10 euros

Plusieurs morceaux d'Ines en écoute ici :
Page web Ines



Fiche artiste de Inès

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Inès, le groove créole prend son envol

Apprivoisez l'oiseau de paradis !


Quand on embarque dans l'univers d'Inès, on prend un aller direct pour une destination mystérieuse et exotique. L' acoustique se marie avec délice à la culture créole. Des mélodies indolentes, des textes sussurés dans une phonétique toute en rondeur, où s'entremêlent guadeloupéen, martiniquais et haïtien. Inès cultive superbement l'art du mélange. Un coup de coeur Only Groove à découvrir lors du prochain "I Need Soul".


Peut-tu te présenter aux membres d'Onlygroove.com ?

Ines, chanteuse... C'est un peu court mais je crois que j'ai tout dit. J'écris des textes et des mélodies, c'est ce que je fais. Je ne pourrais pas disserter sur l'inspiration, expliquer pourquoi je fais ça, je le fais et c'est tout. C'est ce que je fais parce que je ne sais pas vivre autrement.

Tes débuts dans la musique ?

Quand j'était petite, j'écrivais. C'était pas mortel (pas mortel du tout même) mais je le faisais. Je ne me rappelle pas quand ni comment j'ai commencé, j'ai l'impression que ça a toujours été comme ça. J'ai longtemps trainé mes cahiers, mes feuilles, mes bouts de papier dans mon sac sans savoir quoi faire des mots.

J'ai fait mes premières scènes dans les MJC et autres fêtes de la musique, puis j'ai formé mon premier groupe vocal au lycée, ensuite j'ai commencé à travailler avec des compositeurs. A l'époque, on parlait encore de new jack... Mais je ne tenais toujours pas ce que je cherchais. En ces temps reculés, je me laissais encore influencer par les anti-créole et j'essayais de forcer ma langue à chanter le français et je n'étais pas satisfaite, je sentais que ce n'était pas pour moi.

Ta première expérience sur scène ?

Le tournant a été ma rencontre avec le metteur en scène Mohamed Rouabhi. Il cherchait une chanteuse pour son spectacle "Malcolm X". Je lui ai dit que j'écrivais en créole, il m'a répondu: "Et alors? Ce qui m'intéresse, c'est que le morceau sonne!". Et ce spectacle a tourné pendant environ trois ans, beaucoup en province, un peu à l'étranger, ça m'a permis de voir qu'au Brésil, à Forbach, au Sénégal ou à Aix-en-Provence, il est possible de communiquer de l'émotion au public avec du créole.

Peux tu nous présenter ton équipe?

La deuxième vraie belle rencontre fut celle avec le pianiste Manu Sauvage et le batteur Nicolas Dacuña. Ils me suivent, me supportent, me conseillent, m'apportent leur talent et leur aide depuis plus de deux ans. A eux deux, ils représentent ma base, ce sont eux qui apportent la couleur soul à notre musique, ils sont ma référence, ils continuent à m'impressionner chaque jour. La basse de So'James groove chez nous depuis bientôt un an. Le plaisir de jouer sur son visage, c'est un bonheur sur scène! Cédric Santens et ses guitares, ça nous change la vie et en mieux, en beaucoup mieux! Je commence à me demander comment on a pu vivre sans lui! Aux choeurs, on a le charme et la douceur avec Erika Lernot d'un côté. L'énergie et le swing avec David. Je me rends compte que c'est une grande chance d'avoir une équipe qui est d'accord pour travailler avec moi sur la durée.

Comment définirais-tu ton univers musical ?

Alors je vais peut-être ajouter un adjectif...Ines, chanteuse chanceuse. Mais certainement pas chanteuse de Soul. Je ne me définis pas comme ça. Pour moi, une chanteuse de Soul, c'est quelqu'un qui s'inscrit dans une filiation artistique du type Aretha Franklin ou Marvin Gaye. Moi, je suis bien trop inculte pour me la raconter chanteuse de Soul! Je me sens plus proche des Aiglons et de Joby Valente. Ce que je fais, c'est essayer de mettre le créole en valeur sur la musique des musiciens qui veulent bien de moi. Si Manu Sauvage avait trouvé que je casse les oreilles, à l'heure qu'il est, je ferais de la polka créole ou du flamencréole qui sait?

L'exil et la recherche identitaire sont surement les thèmes qui prêtent le plus à contreverse dans la population antillaise en ce moment. Où penses-tu te situer dans ce débat?

Je n'ai pas la prétention de vouloir faire passer des messages. Mon avis n'est pas plus important que celui de n'importe qui. Je me contente juste de dire où je me situe. Certains décident d'opter pour telle ou telle culture. D'autres se créent un statut de "citoyens universels". Je trouve que dans les deux cas, ce sont des gens bien chanceux car, j'ai plutôt l'impression d'être une apatride. Il ne s'agit pas tant du terme "française" dans la bouche des Guadeloupéens ni du mots "guadeloupéenne" dans la bouche des Français mais plus du constat que dans ma situation, on ne peut pas vraiment se revendiquer pleinement d'un pays. Je ne prétends pas non plus être une entitée sans attache. Je récite tel un mantra: "Ni Africain, ni Européen, ni Indien, nous nous revendiquons créoles..." ("éloge de la créolité" de Confiant, Chamoiseau, Bernabé)
Je pense que lorsque qu'on est confronté à un questionnement identitaire, la démarche la plus saine est peut-être de se réapproprier sa culture d'origine, peut-être par la langue puis de se créer une identité en s'enrichissant de tout ce qui nous entoure.

Le folklore antillais était d'une richesse incroyable grâce à l'univers des conteurs qui y apportaient leur imaginaire et leur féérie. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, quel constat en fais-tu?

Je ne pense pas que ça ait vraiment disparu. Il est vrai que les zoukmen se sont beaucoup dirigés vers des sujets plus romantiques mais pour moi, l'art ne se résume pas à la musique seule. Tous ces thèmes continuent à être abordés dans la littérature caribéenne qui est très riche actuellement. La plupart de nos auteurs font un travail incroyable dans ce sens. Je crois que la personne qui influence le plus mon écriture est un auteur: Raphaël Confiant. Il développe un imaginaire purement caribéen inspiré des contes, du folklore et du quotidien des îles. Il écrit des romans, des nouvelles et des essais, en créole bien sûr mais aussi en français avec une langue qui n'appartient qu'à lui. J'ai un peu décroché au niveau de la musique antillaise d'aujourd'hui mais on me parle régulièrement d'un chanteur qui s'appelle Dominique Coco en me disant qu'il réveille aussi tout cet imaginaire. Il y a aussi des personnes comme Beethova Obas qui reste à mes yeux un très grand poète. Je pense qu'il se passe quelque chose d'intéressant en ce moment. Des groupe comme Carimi font revivre l'esprit des orchestres à l'ancienne et j'ai l'espoir que ce n'est que le début...

Parle-nous de ton actualité maintenant! Un album est-il prévu?

Je n'ai pas envie de me précipiter. J'ai envie d'écrire beaucoup de morceaux pour les chanter sur scène, voir ce que les gens aiment bien et réfléchir ensuite à des arrangements studio. Je suis une angoissée de nature alors forcément, l'aspect gravé définitif me pousse à chercher d'abord un ensemble dont je serais définitivement satisfaite avant de me lancer. Il faudrait aussi que j'ai fait suffisamment de concerts et vu suffisamment de personnes qui en ont envie avant d'avoir la prétention de faire un album que des gens pourraient avoir envie d'acheter.

Parmi les artistes de la scène Soul française, quels sont tes préférés?

J'ai eu quelques gros gros coup de coeur. Je suis complètement folle d'Estha, je l'ai vue plusieurs fois et je la trouve magnifique dans tous les sens du terme. C'est une diva, chanteuse, instrumentiste, profondemment artiste. Je l'idolâtre! J'ai aussi adoré Heez Bus et j'espère les revoir très bientôt. Instrumentalement, c'est très précis mais en même temps ça part dans plusieurs directions. C'est du rêve, du voyage, du gros son avec un chanteur à la technique impressionnante et un rappeur-chanteur-beat-boxeur-bruiteur (mais cet homme sait tout faire!). Et puis, comme tout le monde, j'ai pris ma claque Rimshotienne. Je les ai vus plusieurs fois mais le jour où j'étais vraiment aux anges, c'était forcemment quand je les ai vus avec Jean-Michel Rotin! Et PHILEMON! Je l'ai vu deux fois et je trouve qu'il fait partie de ces gens dont on sait que la scène, c'est leur place, l'endroit où ils doivent être. Je trouve qu'il écrit très bien et je l'ai vu avec les Soul Brothers, c'était divin!

Avec quels artistes aimerais tu collaborer ?

J'aime beaucoup le travail de Beethova Obas et c'est avec lui que j'aimerais vraiment travailler notamment pour sa plume. A mon sens, c'est un très grand poète. Sinon, ce sont surtout les musiciens qui m'attirent. J'adorerais bosser avec Manuel Césaire, c'est lui qui a fait les arrangements cordes pour l'Olympia de Gertrude Seinin. Il travaille aussi avec Malavoi entre autres. Il y a d'autres personnes qui me font rêver plus encore mais là, c'est secret. Un brin de superstition me pousse à taire leur nom en attendant que...

Le mot de la fin?

Le mot de la fin... A bientôt sur scène!



Par Jay
Publiée le lundi 16 mai 2005


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