Onlygroove à rencontré Heavy quelques heures avant le concert qu’ils donnaient le 26 octobre au New-Morning. Sourires et simplicité, les membres de la "nouvelle révélation rock&soul", plebiscités par des pointures comme Gilles Peterson et Jill Scott, n’ont pas encore la grosse tête… Rencontre entre deux répétitions avec la chanteuse Nicky et son acolyte multi-instrumentiste Casey.
On entend beaucoup de choses différentes sur votre style musical : fusion de rock et de soul, mélange de hip-hop et de jazz... Vous, personnellement, comment le définiriez-vous ?
Casey
Casey : Je crois que c’est dur de ranger notre musique dans une catégorie. Globalement, je dirais que c’est le son de New-York. C’est bien connu, New-York est la ville des mélanges, de la diversité. C’est rock, c’est soul, c’est hip-hop…c’est tout quoi ! C’est ça New-York !
Quelles ont été les influences musicales qui vous ont amenés à ce mélange ?
Nicky : Elles sont très diverses. On a grandi avec beaucoup de jazz bien sûr, mais aussi avec du reggae, du calypso et de la socca…On écoutait également pas mal de pop des années 80, un peu de disco, de rap… Bref, beaucoup de tout… Mais si on devait citer nos influences principales, je dirais qu’elles sont soul et pop.
Quant aux artistes qui nous ont guidés vers notre style musical actuel, je pourrais en citer des milliers ! Prince, Prince et Prince… Janet Jackson… Madonna à ses débuts… Des artistes jazz aussi, comme Carmen Mc Rae ou Herbie Hancock qu’on aime beaucoup tous les deux.
Casey : Moi j’écoutais également beaucoup de ce qu’on appelle l’"easy rock", avec des artistes comme Jeremy par exemple.
Vous vous êtes rencontrés pendant vos études. Comment est née l’idée de former un groupe ?
Nicky : On était tous les deux à Laguardia High School, à New-York, où l’on étudiait le chant et la musique. On ne se connaissait que vaguement et c’est plutôt lors de notre dernière année qu’on a vraiment commencé à travailler ensemble. On faisait partie du même groupe de jazz, Casey était au saxophone et moi je chantais.
Ensuite on a tous les deux poursuivi nos études à l’université Thomas Mannes, car c’était l’une des seules à offrir un programme jazz à New-York. On écrivait et on collaborait déjà sur plusieurs projets ensemble, mais c’est à l’occasion de mon récital de fin d’année que tout à vraiment commencé. On avait décidé de former un groupe avec quelques copains à cette occasion…et puis on s’est rendus compte que ça marchait bien et que le public avait apprécié, donc on a continué comme ça… Et vous connaissez la suite !
Comment vous répartissez-vous les rôles lorsque vous composez un morceau ?
Casey : Ça dépend. Parfois c’est Nicky qui rêve d’une mélodie et qui m’appelle d’urgence pour m’en faire part…D’autres fois, c’est moi qui suis en train de regarder la télé par exemple, et qui suis pris d’une inspiration soudaine…Et là c’est moi qui l’appelle ! Ou alors il arrive que ce soit moi qui écrive toutes les paroles, ou que j’arrive avec un concept de chanson, et qu’à partir de là on travaille dessus tous les deux.
Vous commencez votre tournée en Europe. Ressentez-vous une différence entre l’accueil que vous réserve le public européen et celui du public américain ?
En chœur : Oui ! Ici en Europe, les gens nous accueillent à bras-ouverts, ça fait plaisir ! A New-York, c’est plutôt du style " Ah ouais c’est pas mal ce que vous faites ", alors qu’ils adorent mais ils ne veulent pas le montrer. Les New-Yorkais sont des gens bizarres vous savez ! Ici le public n’hésite pas à venir nous dire qu’ils ont apprécié le concert.
Nicky
Nicky, auparavant tu étais danseuse. Est-ce qu’il te manquait quelque chose dans la danse pour que tu ressentes ainsi le besoin de passer au chant ? Comment te sers-tu de la danse aujourd’hui ?
Nicky : Ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds dans un studio de danse. Ça me manque, mais je ne peux pas y consacrer le temps qu’il faudrait. Ma sœur est danseuse professionnelle, elle passe 6h par jour, 6 jours par semaines dans une salle de danse…moi je consacre ce temps à la musique. Il y a des choses que je ne pouvais pas exprimer par la danse et que je peux exprimer avec des mots dans nos chansons. Et inversement d’ailleurs.
Sinon, c’est vrai que je danse beaucoup sur scène, mais bien sûr ça n’a rien à voir avec ce que je faisais avant. En tous cas mon passé de danseuse m’aide à savoir si un morceau qu’on a composé va donner envie de danser ou pas !
Aujourd’hui, vous concentrez-vous uniquement sur Heavy ou avez-vous d’autres projets personnels ?
Nicky : Non, on veut vraiment continuer à travailler sur nos autres projets comme avant. Moi je travaille avec des groupes de jazz, parce que c’est là d’où je viens. Et j’enseigne également.
Casey : Moi aussi je travaille sur pas mal de projets jazz, et je m’investis beaucoup dans des " Hip-Hop sessions ", avec DJ Logic notamment.
Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer par-dessus tout?
Casey : Herbie Hancock et Dr Dre, ça on aimerait vraiment
Nicky : Je pense que ça serait intéressant de faire quelque chose avec Kanye [West] et Pharell [Williams] bien sûr. Mais si on pouvait écrire quelque chose pour Stevie Wonder, ça serait vraiment génial.
Quels sont vos projets à venir ?
Casey :On pense bien sûr à des albums solos…mais pour l’instant on se concentre essentiellement sur Heavy. On a tous les deux participé à plusieurs albums qui vont bientôt sortir. Nicky chante sur le " Basement Soul " de Kid Sublime et on est tous les deux sur l’album de DJ Spinna.
Pour ce qui est de Heavy, il y a un EP qui vient de sortir avec des remix de plusieurs de nos chansons…et on prépare l’album complet pour 2006 !
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