Onlygroove a rencontré le Saïan Supa Crew à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, « Hold Up » et vous livre ici la première partie de son entretien avec le groupe. Et parce que ça serait dommage pour vous de râter le nombre incalculable de blagues (pas toujours) drôles, de mimiques inimitables et de grognements loufoques que nous avons récoltés au cours de l’interview, nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour la deuxième partie en son et en image !
Sly The MicBuddah
Voilà 4 ans que vous vous êtes « séparés » pour vous consacrer chacun à vos projets solos. Quand avez vous pris la décision de reconstituer le groupe ?
Fin 2004 ! On s’est chacun penché sur nos projets solos…mais tout le monde continuait à nous demander des nouvelles du groupe : « Alors, quand est-ce que vous revenez avec le Saïan ? » etc… Et de notre côté, artistiquement parlant, on était aussi curieux de voir ce que donnerait le Saïan Supa Crew à cinq, l’un des membres étant parti [NDLR : Specta]. Et donc on est entré en studio, et là on a fait des jolies chansons…
En quoi vos projets solos respectifs vous ont-ils rendus plus forts ? Que vous ont-ils apporté que vous pouvez réutiliser aujourd’hui en tant que groupe ?
De la confiance ! Beaucoup de confiance…Et aussi la possibilité d’explorer de nouvelles couleurs musicales, d’essayer d’autres choses pour voir ce que ça donnait vraiment musicalement parlant. Tout ça multiplié par cinq, tu vois ce que ça donne !
Sir Samuel
Comment avez-vous géré le départ de Specta pour retrouver un nouvel équilibre au sein du groupe ?
Le départ de Specta, c’est sûr c’est une couleur en moins au sein du groupe. Mais on n’a pas réellement eu de vide à combler, on a rétabli la balance naturellement. La première étape a été de trouver un autre équilibre sur scène, puisqu’il est parti pendant qu’on était en tournée.
Aujourd’hui avec votre nouvel album « Hold Up », vous souhaitez plutôt vous placer dans la rupture ou dans la continuité du Saïan d’avant la « séparation » ?
On est vraiment dans la continuité. La seule différence cette fois-ci, c’est qu’on a pu partir dans plus de délires. Un morceau comme « La patte » par exemple, rien ne dit qu’on l’aurait fait avant !
Justement, au sujet de « La Patte », pourquoi avoir choisi ce morceau comme premier single ?
En fait, on a d’abord diffusé le titre « Blow » en radio, pour annoncer notre « come back ». Pour la suite, on a choisi le morceau « La Patte » tout simplement parce qu’il était…bizarre ! C’est vrai, ça faisait bizarre de rapper sur ce type de morceau, c’était novateur, bref « La Patte » avait tout pour être le premier single ! D’ailleurs, dès qu’on a entendu le son, on s’est dit « C’est celui là ! ».
Leeroy
Pourquoi avoir choisi Will Iam des Black Eyed Peas pour le featuring sur « La Patte » ? Comment s’est passée votre collaboration ?
On avait deux envies de collaboration pour ce morceau : Andre3000 d’Outkast ou Will Iam. Will Iam était de passage à Paris, Sly est allé le voir au Zénith avec notre manager. Ils lui ont fait écouter le son et il a tout de suite accroché, donc il est passé une semaine plus tard au studio.
Là, il a réécouté le son, il s’est mis dans un coin et il a commencé à écrire…enfin dans sa tête, pas avec un cahier et un stylo comme tout le monde ! Et tout d’un coup il est revenu en criant qu’il était prêt et qu’il fallait y aller tout de suite ! On a enregistré et c’était de la bombe !
Après il est resté avec nous en studio. Il nous a fait écouter quelques-unes unes de ses productions, on a discuté, échangé toute la nuit…vraiment sympa, on avait pas l’impression d’être avec un américain, juste avec quelqu’un qui fait de la musique !
On vous a souvent reproché de manquer de clarté dans vos textes et de noyer le message dans une avalanche de mots. Sur Hold Up, vous semblez avoir travaillé particulièrement ce point…
En effet, on a vraiment eu la volonté de rendre nos textes plus clairs, parce qu’on s'est rendu compte que l'on passait à côté de certains messages. On partait dans des délires verbaux pas possibles, et forcément l’oreille des gens ne suivait plus…nous même parfois on ne comprenait plus ce qu'on voulait dire à force de jouer sur les mots ! La forme c’est bien, mais si le fond ne passe plus, alors c’est plus la peine ! Il faut équilibrer le tout. Depuis nos projets solos, on a vraiment mené une réflexion pour canaliser toute cette énergie. Avant tout était trop chargé, nos textes, mais aussi notre musique. Maintenant tout est plus efficace.
Féfé
« Hold Up », pourquoi ce titre pour l’album ?
La belle réponse : Il y a un réel fil rouge dans cet album, c’est tout un concept ! . L’album est un hold up en lui-même, on prend dans toutes les couleurs musicales et ça se ressent vraiment dans les morceaux.
La vérité…On a essayé au moins 5 titres…ils étaient tous nuls ! « Hold Up », on a trouvé que ça passait bien, c’est tout…
L’élément féminin est très présent - encore plus qu’avant ! - dans cet album. Explications s’il vous plaît messieurs…
Premièrement, on est tous devenus papas et on regrette le temps béni du célibat ! Alors on se venge dans les albums…
Ensuite, le thème que l’on choisit est également lié aux instrus que l’on écoute. Pour Feceps et Originales par exemple, le thème nous a vraiment été inspiré par la musique.
« Rouge Sang » est une chanson qui se démarque un peu dans l’album, car la tonalité est très différente. Quelle est l’histoire de cette chanson ?
C’était important pour nous de faire une vraie chanson, avec un vrai message. Ca fait un peu partie de la démarche dont on parlait tout à l’heure : être plus clairs. On ne veut plus que les gens nous disent « Ah oui, j’aime bien la musique, mais de quoi vous parlez déjà ? », on veut qu’ils prennent nos chansons comme un tout. Si on avait fait cette chanson il y a quatre ans, on l’aurait peut être rappée sur un gros beat. Là non, on a cherché à laisser parler les mots, la musique et à laisser passer de l’émotion, ce qui n’est pas toujours facile.
Vicelow
Plus généralement, pouvez-vous nous parler de la tonalité de l’album ?
Tout y est plus dépouillé et plus concis. Au niveau des textes comme de la musique, on a développé moins d’idées à la fois.
Les influences sont plus diverses aussi reggae, soul etc…Mais surtout, il y a beaucoup plus de chant sur cet album. L’équilibre entre rap et chant est différent des albums précédents et c’est ça qui nous plaît sur Hold Up.
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