Pharrell Williams : un neptunien pas comme les autres
Partie 1 : icône malgré lui
Un génie. C’est le seul mot qui nous vient à l‘esprit en pensant à ce petit homme talentueux. Plus qu’un simple producteur, plus qu’un simple chanteur, il a révolutionné toute une industrie à l’aide de son partenaire, Chad Hugo. A quelques jours de la sortie de son premier album solo, Onlygroove vous propose une rétrospective en 2 parties, du personnage le plus charismatique et le plus demandé des Neptunes.
Le débarquement des extraterrestres
Pharrell Williams c’est ce jeune maniaque des manettes, le multi instrumentaliste passionné, c’est aussi la mascotte du duo des Neptunes, mais également la voix leader de N.E.R.D ou encore un businessman malin, qui a mis la main sur un marché prisé. Il est un peu tout ça, et c’est cet ensemble qui le rend si particulier, un bonhomme qui n’a pas de reflet, c’est simplement Pharrell, un mec qui en a, un mec qui a osé, un mec qui se situe quelque part dans la croisée des chemins du talent, un OVNI qui reste encore aujourd’hui intriguant.
N*E*R*D (No-one Ever Really Dies)
Découverts par Teddy Riley début des années 90’, Pharrell et Chad deviennent des stagiaires qui feront le maximum pour prouver leur talent, en réalisant quelques titres et remixes pour des artistes que Teddy produit lui-même. Etre le bras droit de Riley à cette époque, ce n’est pas rien. Ils se retrouvent donc à la réalisation de titres pour Blackstreet ou encore pour les SWV. Mais les deux confrères veulent faire leur propre son, et s’en iront pour allumer la mèche d’une bombe internationale en produisant le titre «Superthug» des N.O.R.E, qui remporte un vif succès aux States. La reconnaissance internationale se fera, quant à elle, par le single démentiel de Kelis «Caught Out There», une jeune bombe pleine d’énergie, qui fera connaître le duo à travers le monde entier. Un son nouveau pour l’époque, déstabilisant pour certains, mais dans tous les cas hors normes. Ca intrigue. Ils produiront l’intégralité de la galette de Kelis, des sons juxtaposés, étirés, bidouillés, encore jamais entendus, à croire qu’ils nous viennent réellement de la planète Neptune. Entre boucles complexes, sons bruts et saccadés, les Neptunes tiennent là une recette à succès, qui échappe à certains géants de l’industrie, qui croyaient pourtant connaître les limites du commercialement possible.
L’ascension vertigineuse
Pharrell Williams
Pharrell n’attendra pas pour étaler son talent. Il pousse la chansonnette sur les singles à succès de Mystical («Shake Ya Ass») ou encore sur celui qu’on appelle (depuis peu à l’époque) Diddy (pour le single du même nom). Il sort dans la foulée (en 2001) un album sur lequel il a travaillé avec Chad encore une fois, mais également avec Shae Haley, un ami d’enfance, sous le nom de N*E*R*D. Ce trio est un projet personnel un peu fou, que les trois potes se sont lancé. Cette fois-ci, pas de retenue, le résultat est comment dire… indéfinissable. Un son quelque peu agressif par ses tonalités Rock, un brin provocant, le tout dans un esprit Hip Hop. Un délire artistique qui en tout cas fera son effet. Ils ont combiné leurs goûts en un melting-pot détonnant, de quoi faire encore parler le peuple. Les Neptunes ont alors déjà entamé, une folle ascension, qui sera appréciée mais également jalousée. Avec leur talent et leur succès soudain, les ’Tunes ont pris d’assaut un marché juteux. Mais rien ne semble pouvoir les arrêter. Telle une tornade, ils emportent tout artiste du moment, lui donnent une autre facette, chamboulent son univers artistique ou remettent au goût du jour ceux qu’on avait oublié. Bref, la case Neptunes devient inévitable, pour tout artiste qui a envie de « marcher », et ça, les maisons de disques l’ont bien compris. Ils sont devenus de réels hitmakers en ce début de siècle.
Au sommet de la production
Pharrell & Justin Timberlake
Ils travailleront avec la majorité de la scène RnB, et seront un peu plus timides pour le Hip Hop avec tout de même quelques titres (Black Rob, Busta Rhymes, Guru, Common, …), ils surprendront leurs fans en produisant des artistes Pop comme Britney Spears («I'm A Slave 4 U», «Boys remix», ...) ou Justin Timberlake («Like I Love You», «I’m Lovin' It», «Señorita», …).
Leur éclectisme les amènera même à travailler pour des artistes Rock (Kid Rock, No Doubt, Papa Roach), Nu Soul (Angie Stone, Cee-Lo), électro (Daft Punk, Basement Jaxx) ou d’autres inaccessibles (Sade, Prince, Moby). Ils réalisent en quelques années de véritables exploits historiques, en alignant des tubes à n'en plus finir. La Neptune mania s’installe confortablement dans nos playlistes, peu importe le genre en écoute, on tombe de toute façon à un moment ou à un autre, sur une de leurs productions. Ok pour faire des $$$, ok pour être dans le « game » (comme on dit), mais le but avant tout, c’est de mettre du cœur dans l’ouvrage, et ça, les Neptunes, l’ont bien compris.
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