« Take My Time »… c’est avec ce premier album que Flox nous fait découvrir son univers teinté d’electro et de reggae, saupoudré d’une pointe d’humour et de flegme british.
Un album dont il a pensé les premiers titres dès 1998… Comme l’annonce le titre de son opus, Flox prend donc son temps pour faire les choses bien… mais au fait, combien de temps ?
10 ans… pour sortir un album
Sorti en septembre 2006, l’album de Flox « Take My Time » porte bien son nom. Cela fait en effet presque 10 ans que Flox, tout en collaborant avec divers groupes, réfléchit à un projet solo, composant certains tires, les laissant de côté pour travailler sur d’autres projets, y revenant pour les compléter selon ses humeurs et influences du moment. « Je n’associe pas l’art à l’ambition et je n’ai jamais eu comme objectif principal de sortir un album».
Comment alors « Take My Time » est-il alors arrivé dans nos bacs ?
« J’aurais vraiment pu prendre mon temps et ne pas le sortir. Le déclic – en dehors de mes amis qui évidemment me poussaient à me lancer- s’est sans doute fait quand j’ai eu 10 morceaux de prêts, 10 morceaux qui pour moi formaient un tout cohérent et ciblé. Je ne voulais pas sortir un album pour sortir un album, mais véritablement proposer quelque chose qui se rapproche d’un album-concept, qui prenne sens dans son ensemble. Je suis fan de Melody Nelson de Gainsbourg et j’aimerais bien faire quelque chose qui y ressemble… au moins à 1% ! »
Après le déclic commence la chasse aux maisons de disques. 500 démos fabriquées, 200 envoyées en France et en Angleterre… 1 seule réponse. Ça tombe bien le courant passe tout de suite bien avec Underdog Records, petit label spécialisé dans « le groove français ». « Le matraquage me fait peur, c’est aussi pour ça que j'ai pris mon temps, pour l’instant les choses se passent pour moi à un niveau indépendant et ça me va très bien ».
Depuis, de première date en premier passage radio, soutenu et diffusé par Nova notamment, Flox se fait petit à petit sa place sur les ondes et sur scène.
20 à 30 ans… pour faire la synthèse de ses influences musicales
Présenté aujourd’hui sous l’étiquette « electro-reggae », qu’il accepte sans pour autant revendiquer, Flox n’est pas prêt de se laisser enfermer dans un style musical unique. On en veut comme preuve le parcours musical qui l’a mené à ce premier album, véritable melting pot d’influences.
Tout a commencé vers l’âge de 6-7 ans où Flox entend pour la première fois le groupe Police avec « Reggata de blanc »… et là c’est le déclic : il fera de la musique, et plus précisément de la batterie, instrument avec lequel il se sent tout de suite familier. Il travaille sa rythmique chez lui dans la cave puis au sein de différents groupes plus ou moins obscurs. « J’ai fait du hard rock, normal, comme tout le monde, puis du Pink Floyd et j’ai ensuite joué dans des groupes de punk et de hardcore de 17 à 25 ans. »
Et là, alors qu’on croit aisément pouvoir lui coller sans hésiter l’étiquette du « gros hardos », on retrouve Flox en… chef d’orchestre de batucada !
Il baigne donc dans les rythmes et percussions brésiliennes pendant quelques années, de quoi réchauffer et nourrir d’influences latines certains des morceaux de son projet solo : l’intro de « What It’s Gonna Take » par exemple ou encore « Find A Way » entrecoupé d’un passage samba-reggae.
Quant au reggae justement, qui revient en véritable fil conducteur sur l’album « Take My Time », c’est un style musical avec lequel Flox entretient plutôt une relation d’écoute. « J’adore le reggae mais je ne suis pas à fond dans le mouvement rasta. J’apprécie le côté rebelle de leur message sans pour autant y adhérer totalement. On peut même dire que mon ouverture à ce mouvement est venue d’ailleurs au départ : c’est Police avec « Reggata de blanc » qui m’a réellement porté vers le métissage blanc/noir en musique ».
20 minutes… pour expliquer de quel pays il vient
« Pour les gens, Flox, c’est un british c’est sûr. Mais en fait mon père est Anglais, ma mère Française et moi… un peu schizophrène ! Je ne me sens pas la même personne quand je parle Français et quand je parle Anglais. »
Arrivé en France à l’âge de 11 ans, Flox ne connaît alors pas grand chose au Français, mis à part « range tes chaussettes, et quelques insultes aussi bien sûr ». Aujourd’hui, s’il maîtrise aussi bien la langue de Molière que celle de Shakespeare, c’est cette dernière qu’il associe à la création musicale. « Mon rapport avec l’Angleterre est un peu dépassé… on me dit souvent que j’ai encore le vocabulaire d’un gamin de 11 ans! Mais par contre pour moi l’Anglais est la langue de la musicalité. Je ne me vois ni écrire ni chanter en Français pour l’instant. Et puis en Anglais au moins tu peux dire des phrases absurdes pour chauffer la salle quand tu es sur scène… ça sonne toujours bien parce que les british ont le sens de la formule. Tu te vois dire « Put on your dancing shoes ! » en Français ? Crois moi, tu passes pour un blaireau ! ».
Et l’humour alors ? A écouter ses textes, on devine qu'il a du hériter d’un gêne d’humour anglo-saxon, flegmatique et pince-sans-rire à souhait. «J’avoue, c’est vrai. Pour les Anglais l’humour est un véritable mode de vie. Quand j’écris et que je parle d’un sujet sérieux ou que j’ai envie d’alléger un texte un peu trop pompeux, j’ajoute une touche d’humour et tout passe beaucoup mieux »
3 concerts… pour être complètement à l’aise sur scène
Un timbre de voix grave, un phrasé volontairement monotone, oscillant parfois entre la parole et le chant, et des mots savamment posés sur les accents de la musique, voilà ce qui fait aujourd’hui le son de Flox tel qu’on le connaît. S’il se régale à déployer ce style en studio, ce fut sur scène -au début en tous cas- une autre histoire. «Le souci qu’on peut avoir sur scène avec un timbre comme le mien, c’est qu’il faut pousser un peu plus sa voix… il faut que ça envoie et que ce soit précis en même temps. Ce n’est pas toujours facile de chanter dans les graves, descendre, sans perdre en énergie. Au début j’avais un peu de mal à retrouver en live une sonorité qui soit proche de celle de l’album. Ça m’a un peu gâché le plaisir des 3 premiers concerts… mais maintenant j’ai plus travaillé la scène, je suis plus à l’aise et donc forcément ça passe bien.»
Autre petit détail à régler pour Flox avant d’avoir pu passer sur scène… trouver ses musiciens ! « En bon perfectionniste que je suis, j’avais tout fait tout seul sur mon album, instruments et voix. Avant le premier concert, il m’a fallu m’entourer de musiciens assez rapidement. Le « casting » a été un peu galère au début, mais aujourd’hui on est au complet et je suis vraiment gâté car ce sont d’excellents musiciens et qu’on avance parfaitement ensemble».
1 ou 2 ans… pour sortir un deuxième album (pas plus c’est promis)
La bonne nouvelle c’est que le second album de Flox est déjà quasi terminé… ce qui nous garantit à peu près de ne pas avoir à patienter 10 années supplémentaires. « Je l‘ai voulu plus accessible que « Take My Time », moins OVNI. Il sera plus mélodique, plus chanté. Toujours reggae, mais avec quelques surprises, à chercher peut-être du côté de l’electro-punk. »
L’autre bonne nouvelle, c’est que pour prendre un peu d’avance, il réfléchit déjà au troisième !
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