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Nice Jazz Festival part.1

Carnet de route d'un été tout en musique


Un jardin parsemé d'oliviers ou de ruines, sous un soleil éclatant, et quelques légendes venues pour notre plus grand plaisir. Quelques déceptions, quelques bonnes surprises, des moments agréables, des heures d'attente. C'est ça le Nice jazz festival : un mélange entre l'agréable, l'insupportable, et la diversité musicale.


Mercredi 18

Ayo ouvre le bal. On arrive 30 minutes plus tard. Le jardin de Cimiez est déjà rempli. Ok, on reste quand même, au loin j'aperçois sa jolie frimousse, cheveux coiffés en chignon. L'inconvénient d'être derrière c'est que l'on entend plus les conversations des uns et des autres que l'artiste. Dommage ça devait être un bon show.
Ayo se termine sur un rappel. Direction la Scène des Arènes. Endroit fort étonnant, une scène au fond d'un arc de cercle en ruine. Mais le public attend Manu Katche depuis longtemps, et il nous faudra de longuese minutes pour réussir à rentrer : ok on s'en va ! Du Jazz debout serré sans visibilité c'est loin de me plaire. Cinq minutes plus tard nous ressortons des Arènes. Première soirée ratée pour nous, tant pis on se rattapera !

Jeudi 19

Cette soirée je ne la raterai pas! Arrivée à Nice vers 19h30, course poursuite derrière la navette qui gentiment s'arrête. Nous voilà à l'heure et pas mal placés . La scène Jardins commence à se remplir. Je m'éclipse quelques minutes pour voir ce que donne Nate James sur la scène Arènes. Le public semble apprécier, Nate James a un bon groove, mais il est l'heure pour moi de retrouver Marcus Miller aux Jardins. 21 heures, le groupe s'installe, un superman aux claviers, une batterie, un saxo, un harmonica, et une trompette : Ca promet !
Marcus arrive sous les applaudissements enthousiastes du public. Il nous a subjugué. Les cuivres s'en sont donnés à coeur joie, en solo ou en duo avec la basse de Marcus. Un coup le saxo, puis au tour de l'harmonica qui s'est régalé sur une reprise de Stevie Wonder. Quant au trompettiste c'est sur les morceaux de Miles Davis qu'il s'est mis en avant, sa performance a été la moins applaudie, étonnant pour un festival dit de JAZZ. Le pianiste avec son clavier couleur léopard a eu aussi son moment de gloire en narguant Marcus. Un bon concert dans l'ensemble, mais qui a laissé trop de place aux solos et manqué singulièrement de vocal !

Nous sommes venu pour Marcus bien sur, mais surtout pour Sly Stone! Beaucoup attendaient une légende en pleine forme, ils ont forcement été déçus.On est inévitablement attristé de le voir miné physiquement par ses diverses addictions. C'est un Sly souriant mais très faible qu'on a retrouvé à Nice ce soir là. Son visage n'a pas changé (du moins d'après ce qu'on peut deviner sous son énorme casquette et ses grosses lunettes de soleil), il est lisse et le sourire reste intact, mais son cou est soutenu par une minerve et donne l'impression que sans elle, il pourrait s'écrouler. Quand à la voix, elle est faible mais le grain est toujours le même. Il commence avec "If You want me to stay" petit à petit on reconnaît Sly. Le public semble désappointé, peu nous importe, on ne reverra plus Sly de toute notre vie, une légende reste une légende et pour nous cela restera un grand moment.

Il n'est jamais resté plus de deux chansons de suite et retournait en backstage. Pourquoi ? Chacun connaît la réponse: la légende est usé par ses excès. La nouvelle formation de la Family Stone - à part Cynthia Robinson avec sa magnifique voix – tente d'embarquer le public qui n'attend que Sly et s'inquiète de ne pas le voir revenir. En tout cinq chansons entrecoupées. "Sing a Simple song", "Family affair", "Higher" sur laquelle Sly se lève, tout sourire, pointe l'index, pour faire bouger le public. Et "Stand" qui clôture ce trop court instant avec lui. Sly est fatigué, mais le public ne lui a pas rendu l'hommage qu'il méritait pour ses années de gloire et son génie lors de cette soirée. On aurait pu passer un merveilleux moment avec lui, pas seulement musical mais sentimental. Juste le public et une légende, pour une - sûrement – dernière fois.



Vendredi 20 et Samedi 21

Triste soirée pour les puristes de jazz, les fans de soul et de hip hop. Ces soirs là sont consacrés au reggae et au Flamenco. Drôle de programmation. A vrai dire nous sommes restés trop peu pour pouvoir critiquer quoi que ce soit. Ma seule bonne surprise fut K'naan, un rappeur originaire de Torronto. Il a commencé son show sur des rythmes africains, accompagné seulement d'un jumbe, viennent ensuite s'ajouter une guitare et un choriste. K'naan amène le public petit à petit dans son univers métissé. Il ose le hip-hop devant un public définitivement "roots" ce soir. Mais le public apprécie son hip hop métissé, entre rap et rhythmes africains. Il le fait chanter, le fait participer, et le public se prête facilement au jeu, danse, et applaudit. Un bon moment.

Dimanche 22

Cette soirée s'annonçait comme l'une des plus agréables et importantes musicalement mais ce fut une grande déception. Il est 19h30, une saxophoniste, un bassiste, un batteur, un guitariste arrivent. Suivis d'un homme tout sourire avec une guitare à deux manches, John Ellison. Mélange entre blues, soul, gospel et rock (avec quelques reprises de "Rolling On The River", ou encore de "satisfaction"). Il semble que le public qui attendait pour certains Solomon pour d'autres Isaac ait apprécié. Ce ne fut pas mauvais, mais le sourire constant de John Ellison et son côté « lover » fatigue. Il est même descendu dans le public pour chanter à quelques femmes « I love you ».

Il est 21 heures, l'heure d'accueillir l'immense Solomon Burke. Des musiciens sur leur 31 arrivent, noeud pap, tous vêtus de noir et blanc (deux saxo, une trompette, un trombone, violons, contrebasse, guitare, batterie, piano). Et au milieu de la scène un trône version géant entouré de vases remplis de roses pour le roi Solomon. Une sorte de cape rouge traverse la scène et cache Solomon dans son fauteuil roulant, elle reste là devant le trône pendant quelques minutes, le temps d'installer Solomon Burke. Enfin elle tombe. Le public applaudit chaudement. Son fils lui met la cape et ses lunettes, puis celui ci l'enlève : le show commence. Pendant près d'une heure trente, Solomon a fait danser le public du jardin de Cimiez. Entre reprises telles que "Rolling on the river" ( on en aura eu ce soir là ) ou "Fa fa fa fa fa" et titres populaires ou rock'n'roll, Solomon n'a pas déçu ses fans. Il a même fait monter des femmes sur scène où elles ont pu rester jusqu'à la fin, après avoir dit « je veux que les gens soit près de moi ». Plus de barrières, plus de vigiles, juste lui et son public. Il a invité ses enfants sur scène pour danser, lui qui en a plus de 40! Les choristes étaient d'ailleurs ses enfants, l'un n'était pas souvent là et servait plus de « bouffon » du roi, à lui essuyer la sueur entre chaque chanson, lui chercher son thé ou lui mettre ses lunettes. Ce fut un concert convivial, en famille. Solomon est reparti sur son fauteuil roulant sous les applaudissements d'un public conquis.

Mais la soirée ne s'arrête pas là, beaucoup restent pour le grand Isaac Hayes. Trois claviers, plus celui de Isaac, batterie, saxophone, guitare et basse. Debout depuis 19h et sans n'avoir rien mangé, je m'éloigne quelques instants pour me rassasier. Je reviens et c'est un Isaac fatigué que je retrouve. La voix reste toujours aussi grave mais beaucoup plus faible, la justesse n'est pas constante. Ce fut tout de même un agréable moment, avec un merveilleux "Shaft". Il manquait peut être un "Precious precious" ! Ce fut la déception de la soirée pour ceux qui misaient tout sur lui.



Par alisha-world
Publiée le jeudi 9 août 2007


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