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Un retour avec un second album, histoire de monter le niveau un peu plus haut.
Dans la carrière d’un groupe, quand on a sorti un premier album qui met tout le monde d’accord, c’est difficile de revenir ensuite avec quelque chose d’aussi frais et innovant. Nos amis d’Electro Deluxe eux n’ont pas eu ce problème. Suite à leurs nombreuses scènes effectuées après la sortie de Stardown, leur premier album, ils n’ont pas perdu leur souffle, au contraire, ils en ont pris un nouveau pour nous fournir ce deuxième trophée, qui va devenir un classique du genre.
Une présentation du groupe pour ceux qui ne vous connaitraient pas encore…
Gaël : Le groupe Electro Deluxe est né il y a maintenant 6 ans, ca fait bizarre de le dire car on n’a pas vu le temps passé. Il est né de la rencontre entre 4 musiciens, Arnaud Renaville à la batterie, Thomas Faure au saxophone et programmation sur scène, Jérémie Coke à la basse et moi-même aux claviers. C’est aussi un mélange de fortuité et d’amitié car avec Thomas, on se connaissait déjà de Grenoble, j’ai rencontré Arnaud dans une école où l’on était tous les deux étudiants, de son côté Thomas jouait dans un groupe de funk avec Jérémie. Ensuite on a décidé ensemble de monter un groupe, avec l’envie d’avoir un mélange entre le jazz et la musique binaire, une musique où il y aurait de la place aussi bien pour des thèmes et de l’improvisation que du groove.
D’où est né donc l’album STARDOWN…
Jérémie : Oui, une fois qu’on s’est retrouvé tous les quatre, on a commencé à rajouter des machines par l’initiative de Thomas avec son sampler. On a commencé à travailler « candidement » dessus, voir comment on pouvait jouer avec, ce qui n’était pas forcément évident au début. Après tout ça, on a rencontré, par l’intermédiaire de Guillaume Poncelet, Julien Birot, le fondateur de Such. De cette rencontre a découlé une première maquette, puis l’année suivante, l’album STARDOWN.
Vous êtes de retour donc avec ce nouvel album « HOPEFUL ». Il est dans les bacs depuis maintenant 3 mois. Avec le recul, comment le percevez-vous ?
Jérémie : Pour ma part je ne le vois pas différemment, parce que c’est un album qui a été enregistré il y a plus d’un an, donc je commence à avoir un bon recul sur les morceaux, d’autant plus qu’il y a certains morceaux qu’on jouait déjà sur scène avant. Deuxièmement, je pense que c’est valable pour tout le groupe, c’est un album qu’on assume plus si tu veux, on a grandi et donc on a beaucoup moins de choses à redire dessus. On en est plus fiers…pour l’instant (rires).
Les nombreuses scènes effectuées avec STARDOWN vous ont-elles apporté un plus pour la conception de ce dernier album ?
Gaël : En fait, je pense que la scène a toujours été notre objectif principal, avant même de vouloir faire des disques, donc pour nous c’est l’objectif numéro 1, c'est-à-dire partager notre musique en temps réel avec les gens. En terme de scènes on a fait pas mal de choses, on a commencé dans des petits clubs devant 3 personnes en région grenobloise et on a eu la chance de faire des festivals merveilleux comme Montréal ou Vienne dans le Théâtre Antique, et là le fait de faire un concert il y a 2 semaines au New Morning, pour nous, c’était un évènement. Donc la plupart de nos morceaux sont validés par la scène.
La composition est-elle l’affaire de tous dans le groupe ?
Jérémie : Chacun arrive avec des maquettes de morceaux assez abouties, quasiment tout est écrit, sauf au niveau des chants. On se réunit ensuite nous quatre, on essaye de jouer et en fonction de ça, forcément, il y a des bricolages à faire ou alors des abandons tout simplement.
On note seulement des featurings anglophones, pourquoi ?
Gaël : C’est une volonté artistique car on est tous assez sceptiques par rapport à l’utilisation de textes français pour faire sonner ce type de groove. Ce qui n’empêche pas que l’on ait tous des artistes français qui nous plaisent, dans un style ou dans un autre. Mais on reste vraiment attachés au flow d’un rappeur en anglais ou d’une chanteuse aussi car cette langue donne une vraie couleur musicale.
Et donc parmi les Français qui vous plaisent, avec qui aimeriez vous collaborer ?
Jérémie : Freddy ! Il fait bien groover le Français…
On retrouve dans cet album une reprise assez surprenante de Stayin’ Alive des Bee Gees. Qui est fan des Bee Gees dans le groupe ?
Jérémie : On va dire que c’est Thomas parce qu’il n’est pas là (rires). Gaël : En fait on voulait faire quelque chose de dansant. C’est ce qu’on aime bien dans nos concerts, faire quelque chose d’assez pétillant. On adore quand on fait de la musique et que les gens remuent en face de nous, c’est quand même un kiff pas possible. Donc le fait de faire des morceaux dansant, c’est vrai que c’est une tangente qu’on a pris dans cet album par rapport au premier. Et Stayin Alive en est le parfait exemple.
D’après vous, dans votre musique, est-ce qu’un public électro peut aussi bien s’y retrouver qu’un public jazz ?
Jérémie : J’ai l’impression en tous cas que c’est un public assez spécialiste. Il y en a certains qui viennent du Jazz traditionnel, d’autres de la Drum n bass. Après, nous pour nous différencier dans cette scène électro-jazz, l’électro occupe une place assez minoritaire, c’est vraiment quelque chose qui donne une couleur, par exemple il y a des morceaux que l’on joue sur scène sans machines, qui sont joués tel quel et c’est comme ca qu’on veut les faire sonner. En gros les machines ne prennent pas le devant, c’est d’abord les musiciens et les machines arrivent comme une personne en sus. Contrairement à d’autres groupes où les rythmiques prépondérantes sont des programmations. En général on retrouve toujours plusieurs publics aux concerts et ils s’y retrouvent effectivement, cela dépend des endroits où l’on se produit après.
Quel regard portez vous sur le phénomène des téléchargements en général en tant que groupe indépendant ?
Gaël : De toute façon le téléchargement, on en est aussi acteur, c'est-à-dire qu’on appartient à une génération de gens qui ont déjà téléchargé de la musique sur le net mais aussi qui achète des cds, donc le seul message qu’on veut dire c’est que notre volonté c’est de vendre des albums pour pouvoir en faire des suivants, car pour nous le seul moyen de continuer à créer de la musique c’est d’arriver à la vendre justement. On est très contents pour le dernier album car la politique de prix a changé, et vendre un album à 12€ c’est toujours mieux que de le vendre à 24€ comme c’était le cas pour le premier, ça va vraiment dans la bonne direction.
Pour finir, 2 questions d’ordre général :
-Si on vous demandait 3 adjectifs pour décrire au mieux ton album :
Gaël : je sais pas euh…fantasmagorique (rires), groovy et dansant, voilà j’ai mes 3. Jérémie : Ah moi je ne suis pas doué pour ça (rires).
Et les projets à venir pour Electro Deluxe ? Beaucoup de scènes j’imagine ?
Jérémie : L’objectif à court terme c’est ça effectivement, c’est vraiment la scène pour défendre notre album et s’exporter aussi. Et puis des collaborations externes pour chacun, Thomas et Guillaume ont fait les cuivres sur l’album de Hocus Pocus récemment, on joue chacun également avec d’autres artistes sur scène des choses comme ça.
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