Après avoir arpenté les scènes en famille, avec sa célèbre mère, Clémentine Célarié, et ses petits frères, Abraham se la joue maintenant solo. Voilà quelques mois qu’il sévit sur les scènes parisiennes avec son groupe, les Live Bandits sous le pseudo de Tismé pour nous présenter SA musique. Découverte.
Pour ceux qui ne te connaissent pas encore qui est Tismé ? Quel est ton parcours ?
Un musicien, quelqu’un qui aime la musique très profondément et ce depuis très longtemps et qui aime toucher à tout. Je suis d’abord un compositeur en fait et un beat maker. Après je me suis mis à écrire, à chanter et à rapper. J’ai commencé la musique avec l’album Family Groove, un album que j’ai fait avec ma mère Clémentine Célarié -y’a pas de tabou là-dessus, faut le savoir- et mes petits frères. Je sortais des cours à ce moment là. Le concept était de faire un album où chacun apportait ses influences, c’était comme un bœuf qu’on fait à la maison. Ce projet nous a pris trois ans. C’était une grosse aventure. J’ai commencé ensuite à faire mes chansons à moi. J’ai rencontré mon manager, David. On s’est dirigé vers un côté scénique avec un groupe. Avant ça, j’ai fait un morceau pour Aung Suu Kyi -une opposante au régime birman- et un morceau pour un album contre les enfants soldats pour l’association Univerbal qui n’est pas encore sorti. J’aime bien être engagé. Quand il y a des causent qui me plaisent, j’aime donner ce que je peux pour y contribuer. Et récemment j’ai fait un remix hip-hop house avec du beat box pour Dj Charles Schillings.
On t’a connu dans la musique sous ton vrai nom, Abraham. Pourquoi avoir choisi ce pseudo ?
by David Magaly
Pour moi, c’était comme une évidence ce pseudo. Je suis métisse, c’est un élément important pour moi. Mon père est foncé, ma mère blanche, c’est la base de ma famille. Cette double culture m’a marqué et elle est devenue ma force. J’avais envie de la partager dans ma musique. Et Tismé ça sonne bien dans des textes. Beaucoup de gens m’ont dit « Mais Tismé, ça sonne pseudo MSN ! » genre « beau gosse tisme » (rires). Mais en même temps je me dis que si quand on parle de Tismé j’arrive à faire en sorte que ce soit que de moi dont on parle, ce serait une belle chose. Abraham, c’est mon prénom, je trouvais ça un peu trop simple. Tismé, on peut dire que c’est aussi une manière de me détacher de l’identité que j’avais avant. Tismé ça représente ma musique aussi, qui est un mélange de hip-hop et de soul et de des deux côtés de ma musique ; j’aime bien faire des sons égotrips avec de grosses rythmiques et d’autres un peu plus posés, conscients.
Depuis quelques mois tu présentes tes chansons sur scène avec ton groupe les Live Bandits. Comment s’est faite la rencontre ?
C’est Nico- Nicolas Godino avec qui j’ai travaillé sur Family Groove et qui a fait les arrangements- qui me les a présentés. Il vient de Toulon et eux aussi mais ils étaient sur Paris depuis plus ou moins longtemps. On s’est rencontré et ça a tout de suite bien pris ; aujourd’hui ça se passe super bien. Avec Dj Takto la rencontre s’est faite sur un concours de circonstances. Jenna Williams-la choriste- elle, c’est une pote d’une pote (rires). On cherchait une choriste et on est tombé sur sa page Myspace. Othello, lui, c’est un pote à moi depuis le collège, un pote de galère, un pote de tout ce qu’on veut ! (rires) Pour moi, c’était la première fois que je faisais quelque chose sur scène avec MES musiciens (Mitch au clavier, Jess à la batterie et Flo à la basse), c’est particulier. La première fois qu’ils ont joué un de mes morceaux, ça m’a fait bizarre. Avant je travaillais tout seul, là il y a vraiment un échange. Je donne une idée de base par rapport à ce que j’ai composé sur l’ordinateur et après on travaille dessus et on étoffe.
Parle nous un peu de ton style.
Je préfère parler de mes influences. Il est trop tôt pour définir un style et puis je n’aime pas m’enfermer dans un genre. En fait, je m’inspire du hip-hop, de la soul, du jazz et quelque fois du funk parce que mon père est bassiste, lui, il m’a surtout fait écouté du jazz et du funk, tout comme ma mère. Moi, j’ai tout de suite aimé le hip-hop. Je décortiquais tous les morceaux que j’écoutais. Mes grosses influences, c’est Jay Dee, Q-Tip, Common, Mos Def, Busta Rhymes (que je suis allé voir en concert dimanche dernier). Des gens un peu plus club comme ce que faisait Joe Budden avant. Dans la soul, D’Angelo, Anthony Hamilton. En France, j’aime beaucoup Sly, Hocus Pocus, Oxmo Puccino, Sandra Nkaké…
J’aime autant les rythmes qui tabassent, où t’es obligé de bouger que les sons plus posés où il y a un peu de chant. J’aime bien mélanger le chant et le rap. Dans mon morceau Chocolat, je mélange les deux, il n’y a pas de barrières.
Penses - tu sortir prochainement ton album ?
by Arnaud Cherifi
Bien sûr ! Au départ c’est ce que je pensais faire mais il faut passer par différentes choses avant. On a été amené à faire de la scène avant de sortir l’album mais je trouve que c’est une étape logique la rencontre avec le public. Je peux tester des morceaux, les faire partager et voir ce que le public ressent. C’est la base. Ca m’apporte beaucoup par rapport à quand je travaillais seul de mon côté en complète autarcie. L’album, c’est le but. Je ne sais pas de quelle manière, peut-être en format double album un live et un électronique… Pour l’instant il n’y a pas de maisons de disque « coucou les maisons de disques ! » On y travaille. J’ai un peu délaissé ce côté-là pour plus m’occuper de la scène mais je continue à chercher des instru et j’écris. Quoi qu’il en soit, l’un sert l’autre.
Comment écris- tu tes textes ?
Je fais d’abord les instru, ces sont elles qui m’inspirent les textes. Comme je l’ai dis, je suis surtout un compositeur. Je ne comptais pas du tout rapper parce que j’ai un problème déjà avec la langue française et je trouvais que ça ne sonnait pas du tout bien. J’ai commencé à écrire, c’était un peu pourri au début mais là ça va mieux. Je sais maintenant que j’ai trouvé mon truc dans le chant et le rap.
Pour ceux qui n’ont pas eu encore la chance de te voir sur scène, décris nous un concert de Tismé et les Live Bandits.
D’abord, on peut rire parce que je n’aime pas du tout me prendre au sérieux et on peut danser, on invite d’ailleurs les gens à le faire. Sur scène, c’est un mélange de jazz et de hip-hop en fait. Il y a des parties pêchues avec des morceaux comme Chocolat, Come on ou encore Bordelos où on met le bordel et des passages plus cool avec des musiciens de talent. Sans vouloir me vanter, c’est quelque chose de nouveau, qui n’a pas encore été vu et je pense que c’est intéressant de venir voir ce que ça donne. Il faut venir !!
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