Les meilleurs albums Soul, RnB, Hip Hop, Jazz, Funk
2008 s'apprête à tirer sa révérence. L’occasion de revenir sur une année Groove pleine de surprises et de changements (Yes, We Can!). Si l’année 2008 reste avant tout marquée par l’extraordinaire élection de Barack Obama, musicalement, 2008 aura été incontestablement l’année de la Soul ! Sans oublier bien sûr le hip-hop, le jazz et les sons plus métissés, l’année 2008 fut en tout point un formidable cru, que l’équipe d’Onlygroove vous propose de redécouvrir à travers une sélection (et non pas un classement) de 40 albums incontournables. Just listen !
Bien que le R&B mainstream n’ait pas été épargné par la crise, au point de diluer ses racines dans un grand bol de Pop FM ou de devenir caricaturé à outrance par les formalités de l’autotune et des featurings avec « T-Wayne » ou Akon, la Soul aura fait part, de son côté, d’une vitalité exceptionnelle. C’est en se réappropriant les sonorités chères aux grands labels comme Motown qu’elle s’est réinstallée régulièrement dans les charts, du jamais vu depuis bien longtemps ! A tel point que même les artistes Pop blancs s’y sont mis, faisant de 2008 un nouvel âge d’or pour la Blue-eyed Soul.
Le label Stax, qui aura aussi été une autre source d’inspiration de ce revival, s’est même offert une nouvelle jeunesse. Et tandis que certains ont appliqué brillamment à la lettre les recettes inusables d’antan, d’autres ont préféré s’affranchir des normes, à l’instar de l’inclassable Janelle Monáe. La Soul française, quant à elle, s’est trouvée de nouveaux ambassadeurs à sa hauteur, venant apporter enfin un véritable crédit à cette scène qui se cherche encore une place bien à elle.
Lyfe Jennings – Lyfe Change Sous ses airs de gros dur “gangsta”, Lyfe Jennings est pourtant l’un des messagers Soul de sa génération. Plutôt que de s’enfermer dans les désillusions et l’amertume, Lyfe choisit de délivrer à son auditeur un optimisme contagieux tout au long de ce troisième album, le bien nommé Lyfe Change. Musicalement, cet album sans faille séduit par son style à la fois très personnel et varié : on ressent des morceaux vraiment travaillés et une volonté de concevoir une œuvre durable et non une simple collection de singles potentiels. Avec Jaheim et Urban Mystic, Lyfe Jennings incarne le vrai son hip-hop-soul de ce début de siècle : urbain, conscient et fédérateur. Par Mathieu
Little Jackie – The Stoop Redoutable condensé de mélodies 100% addictives alternant R&B, hip-hop et pop alternative, d’arrangements hérités de la Tamla Motown et de lyrics un rien cyniques, Little Jackie est le pari audacieux de la chanteuse/rappeuse Imani Coppola, bien décidée à ressortir de l’ombre avec cet album qui a su mettre d’accord le grand public et les critiques. C’est frais, coloré, survitaminé et atypique et ça fait tellement de bien par où ça passe. Une claque monstrueuse ! Par Mathieu
eLZhi - The Preface
La moitié de Slum Village qui sort un album solo teinté de prods de Black Milk ? Eh oui, Detroit est une ville bourrée de talents depuis belle lurette et cette ère n’est pas proche de s’achever. eLZhi avait donc tous les moyens pour exprimer ses talents de MC et il les a saisis parfois en surprenant positivement. Le hip-hop n’est pas mort messieurs, dames ! Par Babacar
Jazmine Sullivan - Fearless Derrière son organe vocal hors du commun se cache une productrice de talent. La combinaison des deux mixés dans Fearless a permis à Jazmine Sullivan de nous offrir un premier opus très prometteur pour sa carrière. Son titre n’apparaît absolument pas comme prétentieux envers les autres artistes R&B tant l’album est consistant. Par Babacar
Nneka – No Longer At Ease Il a été difficile de passer à côté d’“Heartbeat” cette année. Mais ce qui est vraiment appréciable chez la nigériane Nneka, c’est la manière terriblement sincère avec laquelle elle transmet ses messages. Si seulement cela suffisait pour faire bouger les choses en Afrique… Par Babacar
Raphael Saadiq - The Way I See It La crème de la soul ! On a aimé The Way I See It. On a aimé son live en novembre à Paris. Que dire de plus ?! Par Babacar
Roy Hargrove – Earfood
Avec une carte qui s’étale du jazz le plus puriste aux saveurs plus funky, Roy Hargrove est un grand chef touche-à-tout. En 2008, ce n’est pas avec son célèbre RH Factor mais avec son quintet de jazz « traditionnel » qu’il remet le couvert. A travers ce Earfood, le trompettiste nous convie à un dîner gourmet qui marie délicieusement ballades nocturnes nacrées de toute beauté et numéros de rhythm & blues plus enlevés, dont une reprise de Sam Cooke. Les gastronomes du groove, quant à eux, se régaleront à coup sûr avec l’extraordinaire Strasbourg / St. Denis, qui aurait très bien pu se retrouver sur un menu du RH Factor. Succulent. Par Mathieu
Jamie Lidell – Jim
On l’avait laissé dans ses habits électro-funk Princiers sur Multiply, on le retrouve aujourd’hui plus Soulman que jamais sur ce 3ème opus lumineux, qui respire une joie de vivre toute Motownesque. Le tube Another Day, avec sa mélodie à la Stevie Wonder et ses arrangements Bacharachiens, est l’un de ces nombreux irrésistibles euphorisants dont Jim regorge. Jamie se veut toutefois plus introspectif le temps de quelques ballades où planent à tour de rôle le souffle mélancolique de Sam Cooke, Al Green ou Bill Withers, et remet même un pied à l’étrier funky avec le sensationnel Figured Me Out. Par Mathieu
Sam Sparro – Sam Sparro On l’avait repéré grâce à sa reprise un brin jazzy du fameux American Boy d’Estelle. Avec une musique qui scintille comme des boulevards de néons multicolores, l’Australien Sam Sparro affiche un goût résolu pour l’imagerie sonore groovy des 80’s tout en l’accommodant à la sauce électro actuelle. Oscillant entre funk cosmique, soul hypnotique, synth-pop syncopée et ballades piano-voix, on peut dire que Jamie Lidell a trouvé un concurrent à sa hauteur. En signant l’album dancefloor de l’année, Sam Sparro nous prouve qu’il faudra compter avec lui à l’avenir. Par Mathieu
De toutes les divas Blue-eyed Soul dont cette année a été particulièrement féconde, c’est incontestablement Duffy qui a su le mieux tirer son épingle du jeu. Entre Soul blanche et Pop orchestrale, sa musique ramène des doux airs de Dusty Springfield et de Dionne Warwick dans les charts internationaux et sa voix, avec ces petites aspérités qui n’ont rien d’aseptisées, apporte une chaleur et un supplément d’âme rafraîchissants en ces temps de pop FM formatée. Cependant, hormis le James-Bondesque Rain On Your Parade et une reprise très réussie des Drifters, Please Stay (signé Burt Bacharach), le disque bonus de la réédition de fin d’année sonne assez redondant avec l’album original. Par Mathieu
John Legend – Evolver Album où John Legend décide de casser son image de faiseur de ballades piano-voix mélancoliques, à grands renforts de synthés 80’s et de beats hip-hop, Evolver marque une nette rupture dans la discographie du Soulman. John Legend surprend son public en adoptant des sonorités plus R’n’B et parfois même pop ou reggae. Malgré quelques choix discutables, Evolver est son album le plus décomplexé et spontané à ce jour, reléguant ses ambitions d’esthète Soul au second plan pour privilégier un « pop appeal » implacable. A défaut d’être l’évolution annoncée, rien ne nous empêchant de préférer "l’ancien" John Legend, Evolver marque indiscutablement un renouveau intéressant pour l’artiste. Par Mathieu
Jazzanova – Of All The Things
Après moult compilations, les Berlinois de Jazzanova sont de retour avec un nouvel album irréprochable. Beaucoup moins électro qu’à l’accoutumée, Jazzanova signe un disque d’une étonnante diversité. Soul luxuriante, mellow funk, R&B old school, jazz, indie pop, hip-hop ou encore bossa nova, tout y passe pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Cela n’a rien d’étonnant vu le casting 5 étoiles très hétéroclite qui y est convié : on retrouve donc pêle-mêle les crooners soul Dwele et Leon Ware, le jazzman José James, le rappeur Phonte, moitié des Little Brother, les folky Thief, le vocaliste soulful house Paul Randolph et tant d’autres encore… In-con-tour-na-ble ! Par Mathieu
Raheem DeVaughn – Love Behind The Melody Rien à jeter ! Ce Love Behind The Melody avec ses boucles entraînantes est un excellent opus de ce messager de l’amour qu’est Raheem DeVaughn. Les quelques titres expérimentaux sont tout aussi satisfaisants que les hymnes plus communs au sexe féminin. Par Babacar
Robin Thicke – Something Else L’évolution continue ! Robin Thicke a construit son Something Else en passant du blues à la soul ou des ballades au piano aux beats avec riffs de guitare. Cet ensemble homogène donne des envies de se lancer dans des pas de danse, un domaine que l’artiste sait maîtriser à merveille. Par Babacar
Ne-Yo - Year Of The Gentleman R. Kelly se fait désormais petit face à lui. Depuis deux ans, le jeune chanteur-compositeur touche à tout (Michael Jackson ?) et écrase la planète R&B mainstream. The Year Of The Gentleman est l’occasion, si elle était nécessaire, de le rappeler avec une coloration un peu plus electro-club, symbole de la versatilité de l’artiste. Par Babacar
Amp Fiddler / Sly & Robbie - Inspiration Information Quand le label Strut réunit Amp Fiddler et les légendaires producteurs jamaïcains Sly & Robbie, ça donne Inspiration Information, un opus original et solide. L’inverse aurait été étonnant étant donné le CV des protagonistes et la culture musicale de chacun d’eux. Le premier, clavier de George Clinton au sein du Parliament pendant plus de dix ans, est aujourd’hui soliste, adepte d’une electro-soul gracieuse. Les seconds ont en plus de 30 ans de carrière eu le temps de marquer le reggae (et pas seulement) de leur empreinte. Le résultat est audacieux, parfois surprenant tant les influences ressenties ici sont diverses, en tout cas, l’ensemble est largement à la hauteur de nos attentes. Par Baptiste
Freddy – Mes Couleurs Freddy, notre chanteur soul français, a profité de 2008 pour sortir son premier album, Mes Couleurs. Un album bien réussi, qui prouve que la french soul prend un tournant intéressant. Des prod’ efficaces, des paroles chill’ et une belle voix. Freddy prouve avec Mes Couleurs que les choses les plus simples sont souvent les meilleures. D’ailleurs, le monsieur a convaincu l’équipe d’Okayplayer que sa musique avait "tout d’une grande" puisque son disque a été chroniqué sur leur site, aux côtés des albums de The Roots et Erykah Badu. La classe ! Par Meriem
Janelle Monáe – Metropolis: The Chase Suite On peut dire que Diddy a eu du flair en repérant cette artiste au style totalement extravagant et effronté et au look rétro-50’s décalé avec une banane à faire pâlir Fonzie. Janelle Monáe défie les conventions et se fout joyeusement des étiquettes. Résolument novateur, expérimental et indescriptible, Metropolis ne ressemble à rien de déjà entendu : une musique futuriste qu’elle qualifie elle-même d’afropunk. Une grande marmite où le R&B le plus débridé côtoie un rockabilly cybernétique dans une atmosphère de science-fiction, mais aussi, paradoxalement, des influences plus classiques comme le cabaret, l’opéra ou les grandes musiques de films d’antan. Iconoclaste et avant-gardiste. Par Mathieu
Al Green – Lay It Down Le meilleur d’Al Green est sûrement derrière lui, soit, mais seules les mauvaises langues pourront affirmer que le révérend n’a plus rien d’intéressant à offrir à son auditoire. Plutôt que de jouer à fond la carte de la nostalgie comme sur ses deux précédents albums, Al Green a préféré cette fois-ci s’entourer de la crème de la Soul actuelle en conviant les producteurs Ahmir « ?uestlove » Thompson (The Roots) et James Poyser ainsi que les chanteurs Anthony Hamilton, John Legend ou encore Corinne Bailey Rae. Cette collaboration plus que réussie donne lieu à onze bijoux malgré tout profondément ancrés dans la tradition, chantés magistralement par un Al Green qui n’a décidemment rien perdu de sa superbe. La magie n’a pas fini d’opérer. Par Mathieu
Grace – Hall of Mirrors Son nom est plus que bien trouvé puisqu’elle est la grâce incarnée. Cette jeune femme aux airs d’Angelina Jolie est un peu la révélation soul-folk de l’année. Enfin quand je dis soul-folk, c’est juste histoire de vous donner une idée de ce qu’elle fait, parce qu’elle déteste les cases, les limites. Son monde à elle n’a pas vraiment de frontières, c’est une voyageuse qui a vécu dans les 5 continents de la Terre et qui s’est finalement posée à Paris pour se concentrer un peu sur sa musique. 2008 aura donc été son année, enfin celle de son premier album, Hall of Mirrors. Guitare à la main, elle chante des ballades soul, pop, folk, imprégnées de l’influence des pays qu’elle a visités. Un joli souffle venu du Canada. Par Meriem
Patrice – Free Patriation Le beau Patrice, déjà 3 albums à son actif, est revenu pour marquer 2008 avec son 4ème opus, Free Patriation. Dans sa musique, pas de surprise, son reggae métissé est toujours à l‘affiche. Il y ajoute une touche de soul, d’afrobeat et invite sa talentueuse compagne Ayo sur un titre. Avec cet album, on passe par plusieurs époques, plusieurs continents même : Afrique, Caraïbes, Amérique, Europe, Patrice nous fait voyager en 13 titres. Par Meriem
Lizz Wright - The Orchard Après des débuts dans le jazz, Lizz Wright continue sa route à travers des allées folk-soul avec ce 3ème album dans la lignée du précédent. La belle américaine, de sa voix suave et magique, continue de nous promener élégamment dans son jardin acoustique, où l’on vient se ressourcer en toute simplicité pour trouver apaisement et réconfort. Entre ballades éblouissantes, blues langoureux, gospels radieux et reprises en tous genres, The Orchard possède quelque chose d’éminemment classieux voire spirituel, dénué de tout apparat. Et si la pochette semble un clin d’œil au chef-d’œuvre Come To My Garden de Minnie Riperton, Lizz a bien plus en commun avec la prêtresse aux 5 octaves : elle détient ce charme discret, cette force tranquille et cette délicatesse incomparable qui font les grandes chanteuses. Par Mathieu
José James – The Dreamer José James a redonné une nouvelle couleur au jazz de 2008 et a prouvé qu’à 28 ans, on peut avoir la pertinence des plus grands. Figure de la nouvelle vague jazzy, ce New-yorkais repéré par Gilles Peterson a sorti son premier album The Dreamer cette année. Une tuerie. Par Meriem
Erykah Badu - New Amerykah, Pt. 1: 4th World War Revenue cette année avec l’OVNI New Amerykah Part One, la princesse Badu a su régaler nos tympans grâce à sa voix si spéciale bien sûr mais aussi par des productions dont on ne saurait vraiment dire si elles sont old school ou futuristes. L’ossature musicale de l’album a été conçue entre autres par le trop rare Madlib, le crew Sa-Ra ou l’inévitable James Poyser mais on retiendra particulièrement les contributions de Karriem Riggins et 9th Wonder, respectivement auteurs des géniaux Soldier et Honey. La seconde partie de ce New Amerykah, sous-titrée Return of the Ankh, est prévue pour courant 2009 donc un peu de patience… Par Baptiste
Martha High & The Shaolin Temple Defenders - W.O.M.A.N
Quand la choriste du Godfather of Soul rencontre les frenchy Shaolin Temple Defenders, ça donne un projet détonnant, aux sonorités jazzy-funk vintage qui nous rappellent les années 70. Martha High, après avoir passé plus de 25 ans aux côtés du plus capricieux des artistes, James Brown, vole donc maintenant de ses propres ailes et a choisi, pour l’accompagner en solo, l’excellent live band The Shaolin Soul Defenders. Ensemble, sur l’album W.O.M.A.N, ils reprennent des classiques soul-funk et redonnent vie à des sonorités qu’on croyait enterrées. Par Meriem
Jazz Liberatorz – Clin d’Oeil Vous en avez marre du rap mainstream redondant qu’on nous sert à la louche ces jours-ci ? Prenez le train, allez à Meaux et découvrez les Jazz Liberatorz, ce trio de beatmakers composé de Damage, Dusty, et Mahdi. Finalement, ce projet est moins un clin d’œil qu’un véritable hommage au jazz, le jazz en tant qu’élément incontournable de la musique hip hop. Ici, vous aurez donc droit à des couplets acérés et conscients de MCs tels que Buckshot, Sadat X ou Fat Lip des Pharcyde, le tout mis en valeur par une richesse instrumentale rare, nous donnant l’impression d’assister à un live. Planant. Par Baptiste
Gage – Changer le Monde
Qu’il est dur de revenir avec un second album. Surtout après un premier gros succès. N’empêche que Gage l’a fait et avec brio. Alors que la scène soul francophone s’étoffe, Gage a facilement repris sa place de référent avec ce nouvel album. Et il n’a rien perdu de sa vibe soul, mieux, il en rajoute en chantant sur des productions vintages qui nous rappellent les Amy Winehouse et autres Raphael Saadiq. Le Soul Rebel veut maintenant "Changer le Monde" et il ne semble pas être mal parti… Par Meriem
Lupe Fiasco - The Cool
Leader d’une nouvelle génération de rappeurs loin d’être formatée (Wale, Kid Cudi, Charles Hamilton), Lupe est parvenu à confirmer son talent avec son album “sophomore” The Cool. Ses histoires aux thèmes pertinents, son flow, son attitude, ses performances live font de lui un artiste qu’on n’apprécierait pas retraité, comme il prévoit de l’être bientôt... Par Babacar
Black Milk - Tronic Detroit possède son nouveau maître ! J Dilla s’en est allé mais Black Milk peut désormais être classé en tête parmi ses successeurs avec son second album Tronic, unanimement salué comme brillamment conçu. L’esprit du Motor City y est : des beats froids mais résolument hip-hop. En plus, le producteur qu’il est s’est mué en un rappeur on ne peut plus honnête. Un album à ne pas manquer. Par Babacar
The Foreign Exchange - Leave It All Behind
Même équipe que pour Connected : Nicolay aux platines, Phonte au mic. Sauf que ce dernier a choisi cette fois-ci de plus axer son activité vocale sur le chant que sur le rap. On peut regretter parfois l’absence de son flow mais il faut bien avouer qu’il s’en sort bien dans cet autre registre. Et les prods sur lesquelles il pose sont propres voire irrésistibles. Par Babacar
Keziah Jones - Nigerian Wood
Seize ans après son tube Rhythm is love, on retrouve un Keziah Jones plus funky que jamais sur ce cinquième album Nigerian Woods. C’est avec joie et non sans soulagement que l’on découvre que la qualité du disque est à la hauteur du buzz qu’il a suscité. L’habituel mélange des genres – Keziah Jones parle de blufunk pour décrire son style – opère toujours et on ne peut que se laisser envoûter par la magie de titre tels que Pimpin’ ou Lagos vs New York. Ce Nigerian Woods nous offre la puissance de l’afrobeat, le brin de folie d’un funk psychédélique et la nostalgie du blues alors que demander de plus quand on connaît déjà la sensualité de la voix du bonhomme… Ultime précision qui ne pourra que convaincre les derniers sceptiques : le légendaire batteur Karriem Riggins assiste Mr.Jones à la production de cette galette. Par Baptiste
Sophie Delila – Hooked Sophie Delila signe là 10 titres frappés par le sceau d’une Pop-soul carrée, solide et sans détour, d’obédience typiquement anglo-saxonne. Ce n’est en aucun cas dû au hasard, ce deuxième album de la française a été enregistré avec la complicité de Steve Booker, le producteur à l’origine du carton de Duffy, Mercy. Toutefois, même si Hooked a toutes les qualités requises pour devenir un grand succès populaire, il y a quelque chose dans cet opus qui dépasse largement cette dimension uniquement radiogénique : cette atmosphère maussade, opaque et monochrome que Sophie Delila a cherché à installer, inspirée par la britpop dont elle s’est éprise lors de son excursion londonienne. Exaltant. Par Mathieu
Sandra Nkaké - Mansaadi Dotée d’une voix qui n’a rien à envier aux grandes divas néo-soul américaines, Sandra Nkaké nous offre un copieux et ambitieux alliage de soul, de jazz et de spoken word. Sur des beats hip-hop discrets, des arrangements jazzy, des accords latins ou a cappella, Mansaadi nous démontre toute l’étendue d’un talent, qui sait se faire posé mais aussi démonstratif, fougueux voire un tantinet baroque, faisant sienne scats et vocalises quasi-lyriques. Loin d’être un simple copié-collé de ce qui se fait outre-Atlantique, sa Soul à elle ne renie pas ses origines en faisant quelques clins d’oeils à la chanson française, que ce soit par la présence d’un accordéon ou sur une reprise de La mauvaise réputation de Georges Brassens d’une extrême sobriété et justesse, produite par Booster. Sandra Nkaké fait preuve d’une audace et d’une singularité que l’on n’a pas si souvent l’habitude de croiser dans le paysage Soul/R&B français. Par Mathieu
The Roots - Rising Down Pourquoi être si sombre ? Le légendaire Roots Crew enchaîne les albums à caractère sombre et négatif. Black Thought est toujours aussi énervé derrière son micro. De toutes façons, la qualité reste toujours au rendez-vous de leurs expérimentations de plus en plus lointaines donc qu’importe ! Par Babacar
Nas - Nas
Controversé, cet album finalement sans nom l’a été bien avant sa sortie. Finalement, il a résulté d’un des meilleurs produits de la carrière Nas. Politique, Médias, Ghetto : le rappeur du Queens a toujours des choses à dire et sa plume est encore au rendez-vous. Un album pertinent en cette année historique aux USA. Par Babacar
Anthony Hamilton - The Point of It All Il est indéniable qu’Anthony Hamilton est l’une des plus belles voix du rhythm & blues moderne alors la sortie toute récente et plutôt discrète de The point of it all ne peut laisser de marbre les amateurs du genre. Sans être réellement novatrices, les productions restent de bonne facture et agréables à écouter, mais si l’ensemble nous séduit, c’est bien sûr grâce au fameux organe du soulman. Il parvient toujours à nous transmettre ses émotions à la moindre intonation, la moindre note. L’album contient quelques très bons moments tels que The News, Soul’s on fire ou She’s gone. Pas vraiment de surprise donc, Anthony Hamilton reste dépositaire d’un R&B authentique. Il chante l’amour mais toujours avec cette même pointe de mélancolie. Par Baptiste
Kano - 140 Grime St
Le hip-hop anglais n’a pas que Roots Manuva comme porte-voix. Kano en est l’un des représentants les plus vrais, parfois sombre dans l’esprit mais très efficace musicalement. Après l’excellent London Town, 140 Grime St se situe simplement dans la continuité avec un flow vraiment au point et des instrus proches des textes. A noter que les a capella méritent vraiment qu’on y prête une oreille. Par Babacar
Q-Tip – The Renaissance L’attente valait la peine ! Q-Tip est revenu en cette année 2008 et il n’a pas déçu. Son flow n’a pas vrillé d’une note et pour trancher avec son rap (même s’il chantonne parfois), il ne s’est entouré que d’artistes soul réputés. Vivement le prochain mais pas trop loin non plus… Par Babacar
88 Keys - The Death Of Adam
Rafraîchissant ! Parler de sexe pendant tout un album sans paraître lourd était le défi de 88 Keys : il obtient les félicitations du jury. Au-delà du thème plutôt trivial – qui sert de fil rouge à l’opus - les beats sont extrêmement intéressants. De plus, les invités (Phonte, Redman, Bilal…) apportent une valeur ajoutée au contenu. De la franche rigolade en musique… Par Babacar
Stephanie McKay – Tell It Like It Is Lorsque des artistes cherchent à aller “back to the old school”, les dégâts peuvent être terribles. Dans le cas de Stephanie McKay, la funk ou la soul obtiennent un coup de rajeunissement sans offense envers les anciens. Ce deuxième album de l’artiste la classe assurément parmi les grandes de sa génération. Par Babacar
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