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Jazmine Sullivan - Fearless
Nouvel album dans les bacs chroniqué par Babacar



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Interview Jazmine Sullivan

A la découverte d’une artiste prometteuse


Déjà reconnue et appréciée aux Etats-Unis, Jazmine Sullivan est une artiste qui risque de s’imposer à vos oreilles pour un certain temps. Un peu renfermée (la fatigue de la promo ?), elle défend sa musique qu’elle a construite depuis son enfance et qui a abouti à “Fearless”, son premier album.


Comment se sont passés tes premiers pas dans la musique ?

J’ai commencé à chanter très jeune dans une église. En fait, la plupart des gens me connaissait en tant que chanteuse de gospel. Puis aux alentours de mes 12 ans, ma mère m’a initiée à la musique alors que j’avais décidé de devenir chanteuse de R’n’B. Dès lors, j’ai écouté les grandes artistes comme Aretha Franklin ou Chaka Khan. Elle a également désiré me trouver un endroit d’exposition qui est en l’occurrence Black Lily à Philadelphie où j’ai muri en tant qu’artiste en chantant régulièrement. Aussi, je regardais les chanteurs confirmés comme Musiq Soulchild, Jill Scott, Kindred. C’est d’ailleurs là que j’ai pris goût à la scène.

Et tes premiers pas en major ?

Dans un premier temps, Torri Green, membre du label Jive Records, a organisé un rendez-vous entre moi et le président de la maison de disques après avoir assisté à une de mes performances. J’ai chanté devant lui et ils m’ont recrutée alors que j’avais 15 ans. J’y suis restée pendant deux ans avant d’être virée. J’avais pourtant déjà commencé à préparer mon premier album. Une des chansons qui m’était destinée pour un second single de cet album est finalement revenue à Christina Milian.

Tu as dû en être déçue à ce moment-là ?

En réalité, non. Je ne pense pas que c’était si mal car ça m’a formée et que ça m’a aidée dans ma construction en tant que femme. Être virée m’a donné du temps pour grandir personnellement et musicalement. Je pense que mes chansons s’en ressentent. Je ne suis pas du tout énervée en pensant à ce passage négatif.

Est-ce que le titre de l’album “Fearless” est lié à ce vécu ?

Je l’ai nommé ainsi car je ne suis pas effrayée d’être différente dans mes choix, principalement d’un point de vue musical. Je ne me sens pas attachée par une corde. Mais pour le reste, je ne me considère pas comme une personne sans peurs.

Dans certaines chansons, il y a un paradoxe avec ce titre dans le sens où tu expliques tes peurs…

J’imagine que tu veux parler de “Fear” et beaucoup de gens m’ont expliqué que cela leur semblait contradictoire. Moi, je voulais admettre mes peurs, ce que beaucoup de gens n’osent pas faire, et les regrouper dans ce titre particulier. Ainsi, j’essaie de convaincre les gens que je suis comme eux mais que les peurs ne doivent pas être un frein. Dans mon cas, j’avais naturellement peur que le projet ne soit pas une réussite mais cela ne m’a pas empêché de fabriquer ma musique.

Quand tu as écris “One night stand”, tu ne te souciais pas de la réaction des hommes ?

(Rires) Non, en fait, c’est plus un personnage que j’ai construit que moi-même dans mon propre rôle. Je voulais juste me mettre dans la peau de cette femme qui a des relations courtes et raconter cela à ma manière.

Peux-tu me raconter tes rencontres avec Wyclef Jean et Missy Elliott qui ont participé à ton projet ?

Je les ai rencontrés à peu près à la même période alors que j’étais plus jeune. Missy m’a suivie dans ma montée dans le milieu depuis l’époque où j’étais chez Jive Records. Elle s’est toujours souciée de moi, elle m’a vue lutter et maintenant elle est fière et contente de ma réussite. Quant à Wyclef, j’ai commencé à travailler avec lui il y a environ six mois et c’était cool de le voir réagir avec moi en tant qu’adulte après m’avoir connu plus jeune.

Pourquoi as-tu choisi une couleur reggae sur “I Need U Bad” ?

En réalité, c’est Missy qui m’y a emmenée. De mon côté, j’étais plûtot méfiante par rapport à la réaction des gens. Je savais que c’était un peu différent que ce qui était diffusé en radio à l’époque. Finalement, quand on l’a sorti, j’ai trouvé ça vraiment bon. Il ne restait plus qu’à attendre l’accueil du public et ils ont aimé… ils ont beaucoup aimé ! Moi, je suis du genre à prendre des risques et ce titre en est un exemple.

Vous êtes beaucoup d’artistes soul à sortir de Philadelphie. Qu’en est-il de cette ville selon toi ?

Je ne sais pas, peut-être que ça repose sur le fait que c’est une ville riche du point de vue de la musique soul. Les gens qui viennent de là-bas le savent et essaient de faire vivre cette histoire pour qu’elle continue de durer.

Tu es déjà nominée plusieurs fois pour les Grammy Awards (qui auront lieu le 8 février). Quelle a été ta réaction ?

Evidemment, j’étais très heureuse. Être récompensée alors que j’ai mis beaucoup d’énergie dans cet album qui a mis un long moment avant d’être achevé, je ne peux mettre des mots sur ce que cela signifie pour moi. Cinq nominations aux Grammys (ndlr : meilleure nouvelle artiste, chanson R&B “Bust Your Windows”, chanson R&B féminine pour “I Need U Bad”, chanson vocale R&B “In love with an another man” et album R&B contemporain pour “Fearless”) de la part d’industrie en guise de reconnaissance, c’est déjà l’accomplissement d’un rêve.

Et maintenant tu ressens de la pression pour la suite ?

On pourrait croire que c'est le cas pour le second album mais je ne pense pas ressentir de la pression de manière générale. Je tâche de rester moi-même et produire des chansons personnelles. Le second album ne sera pas comme le premier et ainsi de suite mais je ne pense pas devoir faire en fonction de “Fearless” pour réussir, surtout que j’aurai grandi et évolué.

Dernière chose, aurais-tu un mot à dire au public français pour qu’ils s’intéressent à ta musique ?

Evidemment !! Ma musique ne peut être définie en un mot, elle mêle plusieurs genres mixés ensemble. J’essaie de toucher un maximum de gens pour qu’ils l’apprécient. C’est tout moi car j’adore la musique de manière générale. Et pour ce qui est des chansons, elles reposent sur des sujets profonds qui peuvent concerner tout le monde. Je parle beaucoup de l’amour, de la recherche et de la compréhension de l’amour. Mon parcours est aussi une inspiration, à l’image de “Dream big” où j’explique qu’il ne faut jamais cesser d’espérer et abandonner ses ambitions. Achetez “Fearless”, vous adorerez !



Par Babacar Diarra
Publiée le samedi 31 janvier 2009


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