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Circles
Premier album dans les bacs le 30 mars 2009



Krystle Warren en concert au Café de la Danse à Paris le 8 avril 2009
Vous pouvez réserver votre place pour cet événement sur ces sites Internet.



Fiche artiste de Keziah Jones

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Interview Krystle Warren

Une Américaine à Paris


Krystle Warren est de la race de ces artistes dont la capacité à transcender la foule atteint même les moins sensibles à la musique. En s’appuyant sur un registre instrumental folk, cette Américaine a su jouer de sa voix pour produire des titres mélancoliques qui complètent son premier LP “Circles” disponible dès le 30 mars dans les bacs.


A te voir, on dirait que tu es amoureuse de Paris ? Je pense notamment à la vidéo qui tourne sur le net où l’on te voit chanter dans le métro.

J’aime apprendre ce qui se cache derrière la ville de Paris que je cherche encore à découvrir. C’est une belle ville qui inspire beaucoup de chansons. La vidéo était une opportunité née du hasard avec des jeunes qui voulaient symboliser chaque arrêt de métro en musique. Ils m’ont donc demandé de participer. Au final, cela s’est révélé être une agréable expérience.

Sur ton MySpace, dans la catégorie ville, tu as mis que tu appartenais à “many, many places”, qu’est-ce que ça signifie ?

C’est globalement la vérité. J’ai grandi à Kansas City. Je me suis ensuite déplacée à New York pendant cinq ans avant de voyager une nouvelle fois sur la côte ouest. Ici, j’ai payé mon logement pendant huit mois alors que je n’y étais que pendant quatre. Bref, lorsque les gens me demandent d’où je viens, il m’est difficile de donner une réponse. Si je vous dis Kansas City, vous allez me dire “mais qu’est-ce que tu fous à Paris ?” (Rires) Ma vie est donc une histoire tumultueuse…

Et en ce moment, où es-tu installée ?

Photo par Jesse Blatt
Photo par Jesse Blatt
On peut considérer que je suis à Paris, même si je ne parle le français (avec l’accent) que “comme ci comme ça”. Mais ma maison demeure Kansas City.

Raconte-nous ton parcours musical ?

La musique a toujours été autour de moi pendant que je grandissais. Petite, j’écoutais les vieux disques de ma mère dans les ruelles près de chez moi et il y avait souvent la radio qui tournait. D’ailleurs, je me souviens que lorsque j’avais six ou sept ans, j’avais demandé une guitare pour Noël à mes parents. Je me souviens avoir reçu cette horrible guitare qui était un jouet sur lequel tu appuies sur des boutons… (Rires) Je les avais vraiment remerciés du bout des lèvres !

Qui forme ton band ? Des connaissances depuis tes débuts à Kansas City ?

Pas vraiment, ils viennent de partout dans le monde en réalité. Solomon Dorsey, qui joue la contrebasse, a été au lycée avec moi. Nous nous sommes déplacés ensemble vers New York et nous y avons rencontré Michael Riddleberger qui vient du New Jersey, Zacharie Janikian de Philadelphie et Jonathan Anderson du Kansas. Avec tout ce groupe, on s’apprécie mutuellement et c’est intéressant que l’on ait tous impulsé ce projet ensemble.


Quel est l’impact de Keziah Jones sur ta musique ?

Disons qu’il m’a ouvert des portes à chaque fois que l’on a eu l’occasion de jouer ensemble. Mais je ne pense pas que l’on s’influence mutuellement dans la manière de concevoir nos chansons. Son travail musical est un petit peu différent du mien à mon avis. Je me suis intéressée à la musique grâce aux Beatles… Il est plus axé sur la rythmique, quoique sur ce point on se rejoint d’une certaine manière. Nous sommes tous deux des guitaristes rythmiques mais qui évoluons vers des directions différentes.

D’où provient le titre de l’album “Circles” ?

Il repose principalement sur le fait que j’ai remarqué que les chansons de l’album étaient reliées d’une certaine manière que l’on peut ramener à des cercles. En gros, tout s’emboite. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a un début et une fin mais plutôt qu’il y a un empilement d’histoires qui possèdent chacune leur propre épilogue. Pour rapporter cela à ce qui se fait au cinéma, ce n’est pas un long-métrage mais une série de courts-métrages.

Si l’on se repose sur tes paroles, les histoires d’amour semblent être perturbantes selon toi…

Je pense que les relations amoureuses sont intrigantes en effet. L’idée de s’associer à quelqu’un est à la fois un magnifique concept mais difficile à appliquer concrètement, et cela me fascine. Du coup, j’apprécie d’expliquer ce concept en chanson : la beauté, le dégoût que l’on peut expérimenter dans l’amour. De manière générale, les êtres humains sont intéressants et je pense que le meilleur et le pire qu’ils peuvent dégager est repérable dans les couples amoureux.

Photo par Jesse Blatt
Photo par Jesse Blatt


Dans votre album, tu parles de la communauté gay donc j’imagine que ce n’est pas un tabou d’employer ce thème pour tes chansons ?

On peut tout à fait dire que ce ne l’est pas du tout pour moi ! La chanson ”Yuletide Carol” symbolise cela. Elle m’est venue alors que j’étais à San Francisco avec un ami durant les vacances de Noël alors que l’on se promenait dans The Castro, le quartier des gays de la ville. De là, une inspiration m’est venue: “On the holidays, the lonely gays are everywhere…” Je me suis alors dit que ces paroles étaient vraiment bien écrites ! (Rires) Finalement, je suis fière de cette sorte d’hymne aux gays. Cette chanson défie les règles communes aux gens internes ou externes au monde gay en espérant casser les stéréotypes qui y sont liés.

Lorsque l’on écoute le morceau “To the middle”, on a l’impression de revivre l’ambiance des comédies sentimentales américaines de la moitié du XXe siècle qui nous transportaient dans les contrées isolées du pays. Etait-ce une volonté ?

En réalité, je me suis reposée pour ce morceau sur un ami compositeur de Kansas City, Brad Cox. Il possède une véritable originalité dans sa manière de composer. Et, cette chanson s’est avérée être une déclaration envers ma ville d’enfance que j’y qualifie de mère. Je m’y excuse de m’en être éloignée sachant que je conserve de l’affection pour elle. J’ajouterai aussi que par l’arrangement de ce titre, il y a des références qui sont faites à l’histoire du jazz dans la ville de Kansas City. J’en apprécie notamment le violon utilisé sur le même mode que les gipsy.

Tes paroles ne sont pas très faciles d’accès, il y a toujours un message qui n’est pas donné directement…

Disons qu’il est évident pour moi que “Circles” raconte une rupture dans son ensemble. J’accepte, par exemple, que l’on dise que “Sunday Comfort” est difficile d’accès lyricalement… mais j’aime ça ! (Rires) Ainsi, je ne dévoile pas tout de moi et je laisse à chacun sa propre interprétation.


Dans “Current Events”, tu sembles assez critique. A qui t’y adresses-tu ?

Celle-ci provient d’une conversation avec une amie alors que j’étais en vacances sur Kansas City. On discutait de l’ouragan Katrina et de ce que Bush a pu dire durant ses discours mais aussi du tsunami. En me reposant là-dessus, j’ai désiré articuler une histoire s’inspirant d’une histoire entre un homme et une femme. Ce qui m’amusait de mettre en avant, c’est la tendance des médias à pouvoir enchaîner sujets sérieux avec sujets futiles. Je suis la politique et je voulais souligner l’importance de son traitement.

Au passage, que penses-tu de l’élection de Barack Obama ?

Photo par Jesse Blatt
Photo par Jesse Blatt
J’ai une anecdote dont je me souviens alors que j’étais en concert. Partout, les gens criaient “Obama, Obama” jusque dans les stations de radio que j’écoutais. J’ai alors changé une ligne de mon titre “Year and Issue” lors d’une interprétation en live en le citant pour voir la réaction des gens... Mais à vrai dire, pour ce qui est de sa politique, j’attends de voir ce qui va se passer… et quoi qu’il arrive, je serai d’accord avec lui !! (Rires)

D’ailleurs, quel est le message de “Year and Issue” qui ouvre ton album ?

Oh, il y a beaucoup de choses dans cette chanson aussi. J’essaie de faire dire au narrateur que même si l’amour n’est pas présent là où il est attendu, cela ne signifie pas qu’il n’est pas présent. C’est une chanson qui montre qu’il faut savoir garder son humanité.

Parles-nous enfin de “The Means To Be” ?

(Elle laisse un blanc). Je n’ai aucune idée de ce que cette chanson signifie. (Rires) Lorsque j’ai écrit la première ligne (“Give me a man just like a woman”), je savais que ça pouvait susciter des doutes chez l’auditeur qui peut croire que je suis transsexuel ou quelque chose du genre… J’adore cette ligne dans tous les cas. Mais pour ce qui est de l’inspiration, j’ai des chansons qui viennent de nulle part.

Ton album est assez introspectif, pourquoi ce choix ?

Je pense que quoi que l’on propose, cela doit être réalisé avec sincérité. Je n’avais pas spécialement de volonté de transmettre un message précis pendant que j’étais en studio. Ça vient comme ça ! La performance live a beaucoup plus de signification car lorsque je suis avec ma guitare, je me dois d’être exigeante avec moi-même. Mais en studio, mon travail est assez clinique à la manière d’une opération chirurgicale.

Où est-ce que tu classerais ton style de musique ?

Inclassable (Sourire). Disons que je suis assez éclectique. Je pense que cela irait à l’encontre de ce que je fais de dire que c’est de la pop ou autre chose… Je concède que mon travail est dérivé du folk.

Qu’est-ce qui constituerait chez toi un aboutissement en musique ?

Aller jusque la lune ! (Rires) Sérieusement, je suis très pressée de commencer mon prochain album qui sera un départ vers une conception que j’apprécie de la musique, soit entièrement live. Je voudrais le même ressenti que sur un album d’Aretha Franklin : tout le monde est dans la pièce et s’exprime au maximum. Je sais que j’ai les chansons pour, et d’ailleurs je compte en faire un double album de 24 titres. Bien évidemment, mon thème favori y sera présent.

Je te laisse le dernier mot…

Love !

Merci.



Par Babacar Diarra
Publiée le samedi 21 mars 2009


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