Fiche artiste de Jill Scott
Fiche artiste de Raphael Saadiq
Fiche artiste de Dwele
Fiche artiste de Eric Roberson
Fiche artiste de Ryan Leslie
NaS & Damian Marley
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Distant Relatives
Sly Johnson
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The June 26th Ep
Erykah Badu
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New Amerykah, Pt. 2: Return of the Ankh
Prince au Main Square festival le 9 juillet 2010 - Tarif Special du 10 au 13 juin 2010
NaS & Damian Marley - Distant Relatives
leur premier album en commun dans les bacs depuis le 18 mai 2010
Ben l'Oncle Soul - Soulman
Live à la Maroquinerie
The Roots & John Legend - Wake Up Everybody
Live at Prospect Park
K'Naan feat Féfé - Wavin Flag
Le clip vidéo de l'hymne de la coupe du monde by Coca Cola
Hocus Pocus - Beautiful Losers feat. Alice Russell
Clip vidéo extrait de leur album 16 pièces
Le retour de la Soul Nation !
Rencontre avec Flo, Lola et Laetitia Dana
Interview Hocus Pocus
Rencontre avec un ovni du rap français
Hindi Zahra, l'Envoûtante
Un premier album fait-main !
Interview Maxwell
Rencontre avec Max’’Pretty’’Well
DJ JP (Black Pearl)
Best of the best
Le vrai New York ?
J’aimerais vous rassurer sur un truc. Paname, c’est (un peu) bien quand même. En fait j’trouve qu’on surestime trop NYC. Comme si, une fois passée la frontière, on arrivait au Paradis. Hell no ! Copain faut que j’te dise qu’après un petit mois ici, à vivre au rythme des cainris, mes illusions persistantes de cet été tombent peu à peu. New York est une ville avec ses qualités ET ses défauts. Et ils sont nombreux, sache-le. Paname, c’est un peu du velours à côté du gant de crin qu’est NY.
Et quand tu vois au journal de France 2 qu’ici les gens sont en galère de travail, d’argent et qu’on vend aux enchères des maisons pour que dalle, c’est VRAI. La crise est bel et bien là, puissance 10 000, et pour continuer à trouver des trucs à vous raconter alors que tout le monde fait la gueule, bah faut qu’j’aille pecho de l’inspiration au fond du gouffre. Mais où ? Du côté des cireurs de chaussures qui reviennent sur le marché, des vendeurs de cacahuètes et de hot dog halal qui se multiplient, des familles nombreuses qui squattent en semaine sur Jay Street, Q.G des boutiques discount. Ou bien du côté du métro, aux heures de pointe, lorsque que tu ne peux t’empêcher de remarquer la semelle ultra-usée du vieux monsieur en face de toi ; les traits fatigués et les yeux qui se ferment de la maman à ta gauche. Ou bien du côté de ces nouveaux mendiants, qui innovent dans leurs manières de récolter quelques dollars. Des artistes à la volée se prennent pour Stomp, une chanteuse digne de American Idol lance quelques couplets vers Union Square, un quatuor de quinquagénaires nous ramènent back in the days le temps d’une station de métro ou des jeunes qui essaient de te refourguer des paquets de M&M’s pour 2$. Damn, la crise a vraiment donné un drôle de coup de fouet à NYC. Mais ça, le touriste qui va prendre des photos à Times Square ne le voit pas.
Moi je le vois.
Est-ce que j’ai un ton un peu amer ? Peut-être. Sûrement même, mais tant mieux. La crise affecte tout, même mes chroniques digne de Raphael de la Ghetto (Souviens toi, le Prince de Bel Air !). Alors voyez New York comme dans les films si ça vous chante. Mais gardez en tête que ça n’a quand même RIEN A VOIR, surtout ces derniers temps. C’est beau, grand, hors normes, clinquant, oui. Mais dès que tu grattes un peu, le dessin animé vire au drame naturaliste, tu vois le vernis qui s’écaille et c’est pas joli joli.
Brooklyn (Boogie) Museum
Bon, t’inquiète, y’a quand même des trucs cool à y faire ! Et la crise n’a jamais arrêté les artistes de produire, heureusement ! Après cette touche de réalisme, je t’emmène donc du côté du Brooklyn Museum.
Le premier samedi de chaque mois, le musée est gratuit. C’est l’occasion d’aller voir quelques tableaux de Kehinde Wiley et surtout voir l’expo "Black Project" qui a l’air d’être… historique. Comme d’hab’, c’est blindé. Je zieute leur programme de la journée, conférence, projection, débat, et… dance party ? Hum, une soirée au musée, intéressant… L’expo "Black Project" n’a rien de Waou. Une vingtaine de photos d’hommes et femmes Noirs qui pèsent dans le world game se battent en duel. Ok. Serena, Chris Rock, Colin Powell, P. Diddy… Tout au plus, on sourit en voyant certaines têtes, mais rien de ouf. Le reste de la visite est sympa, quelques expos temporaires valent la peine mais tu n’y passes pas la journée… Par contre, qui aurait cru que j’y passerais la soirée ?!? Avant de partir je jette un œil au gigantesque hall vide armé de deux platines CD. Quelques enfants courent dans tous les sens. Curieuse, j’ai bien envie de voir à quoi ressemble une "dance party" au B.M. Ca doit commencer à 21h. Il est 20h30. J’attends. Je me dis qu’il y a peu de chance pour que tous les visiteurs se rassemblent à 21h tapante et commencent leurs petits pas synchronisés au même moment. Eh bien, l’inimaginable se produisit… 20h59, une miss DJ débarque, locks attachées sur le côté. 21h00. Explosion. La musique envahit la salle, la lumière se tamise, les gens assis sur les marches se lèvent, et la miss commence à nous enchaîner des morceaux électro-house-afro-beat-soul-funkylicious, sans s’arrêter jusqu'à 23h. C’était incroyable de voir cette énergie, ces sourires, cette joie sur ces visages si différents. Toutes les générations y étaient, des mamans apprenaient à leurs filles comment winer, des couples sexagénaires se tapaient un délire danse de salon, des breakers et des danseurs de house s’éclataient en solo. Le tout au milieu du grand hall du musée.
Le public était survolté et TOUT le monde dansait. De toute façon, T’as pas le choix, y’a ni siège, ni bar dans la salle. Une fois sur la piste, y’a rien d’autre à faire, alors tu bounces. Point ! Et c’était un truc de ouf. Une ambiance impensable. Pas de videur, pas de guestlist, pas de dress code. Et plus les heures défilaient, plus le monde accourait. 5 000 personnes se sont retrouvées là. Un Zenith ! C’est officiellement l’une des meilleures soirées de ma vie. C’était un mélange de dimanche aprem’ au Djoon, dans un musée new-yorkais. Tu y ajoutes les mots "harmonie", "respect" et "beaux gosses par centaines" et là, tu as la recette d’un samedi soir à Brooklyn aux allures de film de Spike Lee.
Bref après ça, tu te rends compte que la musique, la danse et l’art sont plus que jamais les échappatoires à la morosité ambiante. C’était un rassemblement peace, unity, love and having fun. Un truc hip hop dans l’âme par excellence. Et le Brooklyn Museum nous a fait oublier l’espace d’une soirée le mot Crise… C’est bien (un peu) New York quand même !
Did you know…
Bon copain, j’espère que t’es rassuré, New York a toujours ses bons côtés. Mais j’essaie juste de t’éclairer sur la vraie nature de la ville de tes rêves. Et après déjà un mois ici, j’ai pu en observer des choses. D’ailleurs, voici en vrac les trucs à savoir, pour mieux appréhender et dompter l’hostile ville que l’on nomme la grosse pomme.
A New York sache donc…
• Que Brooklyn, ça déchire !
• Qu’ici, le nombre de calories des aliments est écrit aussi gros que les prix.
• Que les baguettes "à la française" coutent 3$. (Damn !)
• Que des Jordan ça coûte environ 50 dollars. (Enfin, pour meuf. Les mecs, comptez 80 doll max !).
• Que Jimi Hendrix a un sosie.
• Que Jill Scott va jouer « The number one ladies detective agency » bientôt sur HBO et que c’est affiché en gros partout.
• Que le restaurant Bubba Gump existe vraiment, et qu’on y mange de bonnes crevettes !
• Que Ryan Leslie est un peu limité quand il chante mais comme il parle parfaitement français, on lui pardonne. Par contre, on lui pardonne pas son T-Shirt col V jusqu’au nombril et son duvet naissant sur le torse, lors de son dernier concert à NYC.
• Qu'en concert, Raphael Saadiq est magique. Qu’il est beau. Qu’il est doué. Qu'il a retourné la salle ici. Et que si tu l’as jamais vu en live, empresse-toi de pecho un billet pour sa tournée.
• Qu’à Toys’R’us, y’a une grande roue à l’intérieur du magasin, et tout le monde trouve ça normal. Non sérieux, c’est ouf un peu quand même ?
• Que les DJ vendent leur musique dans la rue et que celui qui a retenu mon attention est ce DJ house avec une grosse pancarte "House for Sale". En période de crise, moi j’dis, joli jeu de mot !
• Que… le New Jersey, c’est loin et que même si j’étais motivée pour aller voir Eric Roberson en concert là-bas, eh bien, je n’y retournerai pas de sitôt.
• Que dans le métro à Times Square, y a un coiffeur digne de Beverly Hills 90 210.
• Que même en temps de crise, les ongles des femmes sont impeccables. Et que plus t’as de dessins dessus, plus tu pèses dans le nail-game.
• Que Sneaker a lancé une campagne de pub de ouf ! C’est pas la crise pour tout le monde a priori.
• Que si tu viens à New York, arrange-toi pour venir le premier samedi du mois, au cas où t’as pas compris, le Brooklyn Museum is the place to be.
• Qu’on t’a pas vraiment enseigné l’anglais du ter-ter à l’école. Et si tu essaies de le pratiquer ici, genre "Where is Bryan? Bryan is in the kitchen", on va t’regarder chelou.
• Que les Américains ne connaissent pas grand-chose en dehors de leur nombril. Ne leur demande pas où est la France. Alors le Maroc, n’y pense même pas.
• Que la chronique s’appelle désormais "De Boulbi à Brooklyn - Chronique ordinaire d’une travelin' girl".
(Là tu dois te demander pourquoi… eh bien, quand tu tapes "une Parisienne à New York" sur Google, tu te rends vite compte que TOUTES les Parisiennes de la Terre qui ont été à New York se sont mangé une claque au point de TOUTES créer un blog ou un site pour raconter leurs histoires à la Carrie Bradshaw. Résultat, les noms "uneparisenneanewyork.blogspot.com" pullulent et au milieu de tous ces liens, on voit une petite Meriem essayer de se faire une place aux côtés des parigottes qui t’expliquent comment pecho des Manolo Blahnik à -50% sur la 5e avenue.
No way. C’est pour ça que j’ai changé le nom. Je ne fais plus un clin d’œil à Paris, mais à ma ville, Boulbi (Boulogne-Billancourt, pour ceux qui n’avaient toujours pas capté, et y’en a, fais pas l’mytho). Et une "travelin' girl", c’est plus funky, ça donne le ton et j’ai embauché un consultant expert en sociologie du ter-ter pour en arriver là…)
Donc copain, copine, bienvenue. Te voilà en train de lire les derniers mots de la 11e chronique ordinaire d’une travelin' girl. Et j’espère que tu kiffes. Peace
Playlist de cette chronique (Si t’as pas compris, la playlist est liée à l’article : artiste cité ou titre explicite. Remue tes méninges la famille !)
Travelin' Girl, Dwele
Open Your Eyes, Eric Roberson
How It Was Supposed To Be, Ryan Leslie
Get Involved, Raphael Saadiq
Daydreamin, Jill Scott
Et bien sûr… Boulbi, Booba
Par The Travelin' Girl
Publiée le jeudi 26 mars 2009
