De nos enceintes à la salle obscure, au ciné avec Biggie
De Christopher Wallace à Biggie Smalls en passant par Biggie, avant de devenir The Notorious B.I.G., voilà un vaste concept. Lassés de recevoir des propositions de films insatisfaisantes, Violetta Wallace et le duo Barrow/Pitts, qui ne sont autres que la mère et les deux ex-managers du défunt rappeur, décident de produire eux-mêmes le film qui retracera la fulgurante carrière du MC au flow qui « hypnotize ». Sean Combs alias P. Diddy à la production exécutive et George Tillman Jr. à la réalisation. Sky is the limit, for real…
Titre : NOTORIOUS B.I.G. Réalisateur : George Tillman Jr Acteurs : Jamal Woolard, Angela Basset, Derek Luke, Anthony Mackie, Naturi Naughton, Antonique Smith…
Encore un énième biopic…
A voir débarquer ce fantôme toujours omniprésent, je me repose la question : Le rap, c’était mieux avant ? Oui et non… Oui, ce fut la décennie de tous les classiques, l’ère révolue de tueries musicales. Non, parce de cette époque, on ne gardera pas que la florissante génération rap mais aussi les joutes verbales, les règlements de comptes, les fusillades tragiques, restées non élucidées, qui ont privé le monde du rap de 2 de ses plus dignes représentants, les cultissimes 2PAC et Notorious BIG (triste tradition qui perdure malheureusement).
Ce biopic porte, comme son nom l’indique, sur le colossal B.I.G. et son incroyable destinée : « The Notorious B.I.G. ou quand tout est réuni pour créer une légende ». Et c’est non sans une profonde nostalgie que je m’installe dans la salle obscure.
La bonne surprise, c’est que le film est calibré à l’image de B.I.G. et de son retentissant « It was all a dream ». La trame de fond se tisse dans le ghetto, entre les difficultés et l’American Dream. L’inaltérable volonté de Christopher Wallace de devenir quelqu’un ; un peu comme s’il savait qu’il n’aurait que 24 petites années pour écrire son histoire, graver sa légende. Le film traduit bien cette urgence, du petit Biggie Smalls arpentant les rues de Brooklyn revendant du crack et distribuant ses freestyles assassins, jusqu’à l’énorme « The Notorious BIG » dealant de planants tubes rap. Le tournage ne durera d’ailleurs que 38 jours, l’urgence toujours… Mais c’est avant tout pour la quitter, la Rue, que le petit Biggie Smalls va dealer son crack, ses textes, son flow et finir par le réaliser son rêve.
Mais à 22 ans, est-on vraiment
« Ready to die » ? Le film est dur, cru mais beau, vrai comme les lyrics de ce génie du flow… Évidemment, on n’échappe pas à quelques travers qui sont rapidement estompés par une impeccable interprétation. On déplore parfois une réalisation un peu gentillette même si elle est maîtrisée. Ce film en forme d’hommage d’une mère à son fils, d’un prod à son ami de toujours, ne tente pas de gommer le côté obscur du personnage mais tente de le réhabiliter dans sa dignité d’homme. Pas toujours très clean le Christopher, la drogue, ses femmes, les rivalités…
La bande originale est parfaitement distillée tout au long du film. A noter l’incroyable performance des acteurs, qui ont réinterprété chaque morceau, pas de play-back sur les versions originales, s’il vous plait ! On balance la tête en rythme et on verse sa petite larme en regardant cette irrésistible ascension snipée en plein vol.
Il y aura effectivement some « Life After Death » (album posthume, initialement intitulé : « Live Until Killed...'Till Death Do Us Part ») pour The Notorious B.I.G., elle réside dans cette éternelle légende qu’il a su écrire et que son talent n’a de cesse d’entretenir. En tout cas, nous, on le laissera pas mourir, à l’instar de sa famille, ses amis et George Tillman Jr. Et même si ce film ne nous apprend rien de nouveau, il nous rappelle pourquoi on continuera encore longtemps à « Throw our hands in the air » with Big Poppa… And if you don't know, now you know, n****… donc allez-y.
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