Ce chant laidback agrémenté de chœurs polyphoniques, ce falsetto unique, ce swing rythmé par des doigts glissant du piano électrique à l’orgue planant… tant d’éléments qui caractérisent la Soul de D’Angelo. Il s’agit de cette Soul qui permit de poser les fondations du mouvement qui sera plus tard rebaptisé "Nu Soul" par les journalistes, et qui permit l’émergence d’autres artistes comme Musiq Soulchild, Dwele et Jill Scott.
1999, Le succès de Voodoo
Le deuxième opus de D’Angelo prit son envol en 1999, à l’aube du nouveau millénaire.
L’album fut enregistré au studio Electric Lady à Manhattan, New York, construit jadis par Jimi Hendrix dans les 70’s. Hélas, l’histoire voulut que ce dernier décède quelques semaines après son aboutissement. Hendrix disait qu’il détestait particulièrement certains studios à cause de l’ambiance froide véhiculée par les techniciens, la présence de fils qu’on retrouvait partout, choses parmi tant d’autres qui nuisent fortement à l’inspiration. En somme, il souhaitait créer un studio où les musiciens pourraient se sentir comme chez eux.
Dans une interview, D’Angelo affirma avoir ressenti le fantôme de Jimi Hendrix habiter le studio et le côté magique de ce lieu. Il n’y a nul doute que cet album fut intitulé Voodoo en référence à l’œuvre Voodoo Child de Hendrix. D’Angelo et son équipe mirent tout en œuvre pour mettre au point un son neutre, sans overdubs, entre grooves funky, jazzy et ballades suaves, en retranscrivant le plus fidèlement possible ce que son inspiration lui dictait.
Cet album obtint un succès considérable avec diverses récompenses telles que l’obtention du Grammy Award du meilleur chanteur R'n'B, du meilleur album R'n'B, la première place au Billboard 200 et un disque de platine.
Il fut concocté pendant pas moins de quatre années, appuyé par plus de monde que lors de Brown Sugar (Angie Stone, DJ Premier, J Dilla, Method Man & Redman… d’où encore une fois une omniprésence de l’esprit hiphop) dont une bonne composante de l’équipe précédente, à savoir James Poyser,
?uestlove et Raphael Saadiq. Ce dernier coécrivit Untitled/How does it feel, titre hommage au génie du Funk, Prince.
Fer de lance de l’album, la vidéo de ce titre aura l’étrange particularité de montrer le chanteur nu. Cette vidéo aura un impact considérable sur l’image du chanteur.
D’ailleurs, cela ne joua pas seulement que sur son image, D’Angelo se sentait désormais désemparé lors de certains concerts, remarquant qu’une partie de son public, largement féminine, ne vouait une admiration que pour son physique. Or son but n’était en rien d’être « le chanteur qui a posé nu dans son clip ». Il souhaitait que sa musique reste au premier plan.
Le Voodoo Tour
Les Soultronics
Ce qui n’empêcha pas à sa tournée de 2000, le Voodoo Tour, de rencontrer un succès énorme et des critiques fort élogieuses à son égard quant au dynamisme du groupe et au charisme d’un D’ s’imposant comme un show-man aguerri durant ces 31 dates de concert. Jadis tourneur pour Prince et James Brown, Alan Leeds, pour lequel D'Angelo voua une franche admiration, remit les couverts pour ce Voodoo Tour.
A l’aide de ?uestlove, James Poyser et Pino Palladino, D’Angelo forma le groupe Soultronics qui l’accompagna tout au long de cette tournée. Cette formation comprenait, entre autres, le trompettiste Russell Gunn, qui accompagna également Maxwell, Anthony Hamilton et Shelby Johnson (faisant partie aujourd’hui du Live Band de Prince), Jacques Schwartz-Bart, Roy Hargrove...
Parmi les lieux et manifestations durant lesquelles s’est produit le groupe, on compte notamment le Montreux Jazz Festival, la Brixton Academy, le Cirkus de Stockholm, le Grand Rex à Paris et le Free Jazz Festival à São Paulo.
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