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Salle Pleyel (Paris)
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La société IDSH, propriétaire de la Salle Pleyel, a conçu et engagé un important programme de rénovation architecturale et acoustique entre 2004 et 2006.
Le ministère de la culture et de la communication a alors autorisé la prise à bail de la Salle Pleyel par la Cité de la musique, établissement public placé sous sa tutelle et appelé à gérer cette grande salle de concert, qui présente désormais toutes les caractéristiques attendues d’un auditorium de qualité et de prestige.
Un lieu mythique
En 1927, la maison Pleyel, plus que centenaire, affirme sa gloire en s’investissant dans une nouvelle salle, entièrement destinée à la musique de concert : un très vaste immeuble est programmé non loin de la place de l’Étoile, contenant un auditorium de 3 000 places, de conception moderne pour l’époque. C’est ainsi que s’ouvre, le 19 octobre 1927, la Salle Pleyel, oeuvre de l’ingénieur Gustave Lyon et de l'architecte Jean-Marcel Auburtin, inaugurée par un concert fleuve alliant Wagner, les grands noms de la musique internationale (Falla, Stravinski) et les représentants de la scène française (Franck, Dukas, Debussy et Ravel).
Un incendie ravage l’auditorium moins de neuf mois après l’ouverture. Il semble que l’acoustique ait eu à souffrir de la rénovation entreprise : dans le contexte de la crise économique de 1929, les moyens investis sont modestes ; de plus, l’usage de certains matériaux est interdit pour des raisons de sécurité. La filiale de Pleyel qui gère l’immeuble ne se relève pas de ce choc financier et la salle, ramenée à une jauge de 2 400 places, devient la propriété de la banque qui avait accordé l’emprunt d’origine, le Crédit Lyonnais, en 1935.
Sous le management assez souple du Crédit Lyonnais, la Salle Pleyel devient le lieu de concert le plus célèbre de Paris. C’est là que Stravinski revient diriger Agon en 1957, puis Threni en 1958, ou qu’Otto Klemperer donne des interprétations d’une grande intensité spirituelle de la Neuvième de Mahler et de l’Héroïque de Beethoven. C’est là que l’Orchestre de Paris élit résidence et conquiert un large public avec Daniel Barenboïm. C’est là que, de Louis Armstrong à Ravi Shankar, de Sviatoslav Richter à Jorge Bolet, de Jascha Heifetz à David Oïstrakh, tous les interprètes qui marquent notre perception de la musique sont amenés à se produire.
En 1998, suite aux difficultés financières du Crédit Lyonnais, la Salle Pleyel est mise en vente. Le nouveau propriétaire, M. Hubert Martigny, président– directeur général de la société IDSH, confie la direction artistique du lieu à Mme Carla-Maria Tarditi jusqu’en 2002, date de la fermeture de la salle pour raison de travaux. C’est dans ce cadre que Myung-Whun Chung propose ses premiers concerts avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France et que la productrice Jeanine Roze présente en 2002 l’Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle.
Au plan architectural, le Crédit Lyonnais avait conduit en 1980 des travaux, menés très rapidement, qui n’améliorèrent guère les sensations acoustiques, et eurent même pour résultat de réduire le temps de réverbération. Fort heureusement, la réouverture de la Salle Pleyel s’annonce différemment : aux termes de l’accord passé en 2004 entre l’État et le propriétaire, c’est en effet une très importante campagne de réhabilitation architecturale et acoustique qui est engagée.
Le nouveau Pleyel
La rénovation conçue et engagée par IDSH répond au projet ambitieux de renouer avec le dénuement et la pureté qui caractérisaient l’esthétique initiale du lieu. La restauration des façades, du hall, du foyer et de l’intérieur de la salle donne à l’ensemble une apparence plus séduisante et améliore grandement le confort. Les travaux sont également l’occasion d’agrandir et de reconfigurer les espaces dévolus au public et aux artistes. Ils permettent enfin de transformer les conditions de jeu et d’écoute en optimisant l’acoustique de la salle.
Une architecture retrouvée : dans le respect des préconisations des Monuments historiques, la façade, le hall et sa rotonde recouvrent leur élégance Art déco quasi originelle. Le hall, notamment, récupère sa majesté et son puits de lumière. Sa rotonde est ainsi réouverte sur d’anciennes salles d’exposition qui avaient été converties en studios de danse dans les années soixante. Ces dernières, transformées en un vaste foyer, en fond de parterre donnant sur la rue du faubourg Saint-Honoré, offrent une zone d’accueil complémentaire de plus de 600 m2 à laquelle sont adjoints deux espaces privatifs.
Des conditions de jeu repensées : afin d’être en mesure d’accueillir simultanément des orchestres en résidence — effectuant tout ou partie de leurs répétitions sur place — et des orchestres invités, l’ensemble des loges, foyers d’artistes et espaces techniques sont réaménagés. L’immeuble destiné aux musiciens, qui regroupe les loges, les vestiaires, le studio d’enregistrement et les espaces communs, est restructuré et reconstruit autour d’une nouvelle cage d’escalier, répondant désormais aux exigences professionnelles des grandes formations internationales.
La conception de l’auditorium
Une acoustique performante : la création de balcons latéraux permet d’homogénéiser la diffusion sonore. Ils agissent comme des abat-sons qui favorisent les réflexions précoces, améliorant la clarté et la sensation d’enveloppement. La modification du plafond et des parois latérales induit une optimisation de près de 20 % du volume de la salle et favorise une augmentation du temps de réverbération. La zone de jeu est entièrement reconfigurée afin d’accueillir du public en fond de scène et de générer une acoustique plus efficace. De même, à l’arrière de la salle, la profondeur des espaces sous les balcons est réduite dans le but de diminuer la distance entre les interprètes et les auditeurs, tout en favorisant les impressions de clarté et de présence sonore.
Une écoute de qualité : l’amélioration du confort, élément essentiel de cette rénovation, se traduit par l’installation de sièges neufs, la réduction du nombre de places afin de donner à chacun plus d’espace (1 913 sièges, à comparer aux 3 000 de 1927) et le renforcement de la visibilité par un regradinage des balcons. De la sorte, le parterre est allégé et comprend un peu moins de 1000 sièges. Derrière la scène, des banquettes de choeur servent également à accueillir quelque 160 personnes. Le premier balcon compte environ 400 sièges et le second 300. Chacun des quatre balcons latéraux permet de placer 19 personnes.
De nouveaux équipements scéniques : l’ensemble de la scène est reconfiguré, avec un volume accru, un plateau agrandi et une avant-scène redessinée. Ces modifications, associées à l’adjonction d’un équipement technique performant, notamment l’installation d’un plateau entièrement mécanisé et mobile, favorisent l’adaptation à tous les types de répertoire.
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